John Chantler

Even Clean Hands Damage The Work

(Room40 / Import)

 date de sortie

31/05/2014

 genre

Electronique

 style

Drone / Expérimental / Glitch

 appréciation

 tags

Drone / Expérimental / Glitch / John Chantler / Room40

 liens

Room40
John Chantler

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On est un peu surpris de n’avoir jamais parlé de John Chantler, artiste originaire d’Australie, basé à Londres pendant une dizaine d’année où il travaillait notamment au célèbre Café OTO, c’est maintenant en Suède qu’il mène ses opérations entre production musicale et organisation du tout nouveau Edition Festival autour des musiques improvisées. Ce fidèle du label Room40 se produit quant à lui aux synthés modulaires en jouant notamment sur des contrastes de textures.

Cet album vinyle se compose de deux pièces de 16-18mn qui se divisent elles-mêmes en 2 ou 3 mouvements qui portent des titres bien distincts, laissant aussi à penser qu’il s’agit de morceaux distincts parfaitement enchainés. Un détail sur lequel on ne s’étendra pas, et on attaquera donc immédiatement cet album avec les deux parties de November. On découvre donc John Chantler avec un son extrêmement abrasif, des textures électroniques granuleuses que l’on rapprocherait parfois d’un moteur d’avion. Au bout de 3-4mn on passe au deuxième temps de ce November avec cette fois de longues tonalités pleines de souffles, à la limite de la saturation, à la fois mélodiques et éraillées. L’Australien possède ici un son bien à lui mais on pourrait rapprocher ce mélange de douceur romantique et de rugosité au travail de Fennesz tout en évoquant un certain krautrock électronique quand il part dans de longs tournoiements et bouillonnements nasillards. De toute beauté !
Intitulée Dismantled Cabaret, la dernière partie de cette face A part dans une toute autre direction. Le son est ici clair, limpide, prenant la forme de petits tintements électroniques, tandis que la composition est abstraite pour ne pas dire chaotique. Un résultat minéral, cristallin qui nous fait plutôt penser cette fois à une production issue du GRM.

Comme pour créer une rupture, la face B débute dans l’apaisement avec une nappe/drone légèrement nasillarde, ponctuée de quelques bleeps, souffles menaçants et explosions bruitistes lointaines. D’abord assez mouvant, ce Wollmar Organ minimaliste semble se tasser, devenir de plus en plus statique tout en laissant la place à une somme d’incongruités sonores. C’est alors que The Knight Firth prend le relai sur le même schéma que la face A, pour un long final véritablement expérimental, abstrait, s’appuyant sur des bruitages à la fois sourds, étouffés et aquatiques.

Un album que l’on a beaucoup de plaisir à écouter mais qui peut surprendre de par sa construction et son approche relativement hétéroclite.

Fabrice ALLARD
le 04/06/2016

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