Tim Hecker

Love Streams

(4AD / Virgin)

 date de sortie

08/04/2016

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 tags

4AD / Ambient / Tim Hecker

 liens

Tim Hecker
4AD

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Lorsque nous avons appris la nouvelle, il y a quelques mois, nous étions malgré tout assez surpris  : Tim Hecker allait faire paraître son nouvel album sur 4AD. Soit nous ne nous étions pas rendu compte de la surface qu’occupait jusqu’alors le Canadien, soit le mythique label anglais a fait le choix d’aller fureter dans des contrées un peu différentes de celles qu’il explore d’ordinaire. Comme de coutume, il y a vraisemblablement un peu des deux hypothèses pour expliquer cette signature qui nous amène donc à évoquer ce Love Streams, venant deux ans et demi après un Virgins un peu décevant en ce qu’il se faisait trop dense et dur. Pour ce nouveau long-format, Hecker retrouve la plupart des comparses qui l’entouraient sur son précédent effort mais, à l’image du visuel de pochette et de ces teintes à la fois pyschés et délavées, il s’agit de s’orienter vers des territoires où les synthés sont majoritaires et l’atmosphère délibérément tournée vers une ambient riche en couleurs.

À ce titre, Tim Hecker annonce s’être inspiré de partitions pour chœurs du XVe siècle et de les avoir, ensuite, transposer à l’ère de l’auto-tune  ; la chorale islandaise se trouve donc chargée de cet office, leurs vocalises, arrangées par Jóhann Jóhannsson et avec Ben Frost à la production, venant s’ajouter aux claviers de Kara-Lis Coverdale. Plus loin, un orgue s’invite, rajoutant à l’impression d’être à la fois dans une cathédrale et dans un studio d’enregistrement (les deux volets de Violet Monumental). Tim Hecker ne renie pas, pour autant, ses préférences passées et introduit de mini-explosions et saturations (Castrati Stack), des glitchs (Voice Crack) ou des basses bien sombres (Black Phase) venant perturber le dialogue vocalises-claviers.

Si la participation des chœurs ne s’avère pas complètement probante (soulignant probablement trop ce que les synthés veulent déjà exprimer), la réduction aux claviers et composantes électroniques de l’instrumentation se fait très convaincante. Ce schéma évolue, au surplus tout au long du disque, passant de quelque chose de très marqué psyché (Obsidian Counterpoint, soutenu par les bois de Grímur Helgason ou Bijie Dream) à une approche plus complexe (Collapse Sonata). Dans ses allers-retours, comme dans ses tentatives, Tim Hecker échafaude donc un nouvel étage à une carrière déjà bien remplie.

François Bousquet
le 02/06/2016

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