Rutger Zuydervelt

Stay Tuned

(Baskaru / Metamkine)

 date de sortie

00/06/2014

 genre

Classique

 style

Ambient / Drone / Minimal

 appréciation

 tags

Ambient / Baskaru / Drone / Machinefabriek / Minimal

 liens

Machinefabriek
Baskaru

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Très connu sous le nom de Machinefabriek, c’est essentiellement sous ce pseudo que l’on a évoqué jusque là le travail du néerlandais Rutger Zuydervelt. Pour rester sur des formations déjà citées sur ces pages, notons que le musicien se produit également au sein de Piiptsjilling et compose parfois sous son vrai nom, notamment lors de collaborations avec Dag Rosenqvist (Jasper TX), Gareth Davis (A-Sun Amissa, Oiseaux-Tempête, Shivers) ou encore Steve Roden que l’on retrouve sur ce Stay Tuned.

En effet, cet album est un projet bien particulier qui regroupe 152 musiciens, dont un bon nombre sont très connus des amateurs de musiques expérimentales en tout genre. Sans faire une longue liste rébarbative, nommons Oren Ambarchi, Aidan Baker, Nils Frahm, Jenny Hval ou encore Richard Pinhas parmi ces 152 artistes afin de témoigner de l’éclectisme et de la variété des registres sonores. A l’origine, Stay Tuned est une installation consistant en une multitude de haut-parleurs diffusant un La produit par tous les instruments d’un orchestre. Au gré de ses déambulations entre les enceintes, le visiteur-auditeur construit son propre mix selon son positionnement entre chaque famille d’instruments.
Stay Tuned est une version CD de cette installation. L’auditeur est donc cette fois guidé par Rutger Zuydervelt qui a fait les choix pour nous tout en réduisant le spectre sonore à la stéréo.

Le Néerlandais est donc parti de 152 enregistrements sur lesquels chaque musicien a répété à l’infini la même note, un La. De part sa nature, chaque instrument se comporte différemment, aussi les cordes sont généralement jouées sous forme d’accords qui s’étalent en longueur, cuivres et voix tendent à s’atténuer puis se relancer au gré su souffle de l’artiste tandis que les instruments frappés (percussions, piano) se retrouvent sous forme de notes répétitives. Mis à part quelques fluctuations, c’est dans les grandes lignes dans cet ordre que l’artiste a décidé de présenter cet orchestre virtuel, reconstitué en studio, au fil des 50 minutes que dure cette pièce.
C’est d’abord un certain minimalisme qui domine avec une très longue tonalité qui gagne petit à petit en puissance, probablement déjà mêlée à quelques autres qui pointent le bout de leur nez sous une forme nasillarde. D’abord haut perchée, cette pièce bifurque doucement vers des drones plus graves parmi lesquels se trouvent déjà quelques cuivres, certains très stables, d’autres plus organiques, nasillards et vibrionnants. Du minimalisme des premières minutes, nous passons à une improvisation orchestrale du plus bel effet, alliant les flottements d’une pièce ambient et la puissance, le jeu franc des cuivres.
Au bout d’une grosse vingtaine de minutes c’est au tour des voix de faire leur apparition sous forme de chœurs, puis des percussions via des roulements et micro-tintements métalliques, parmi lesquels se trouvent peut-être quelques pincements de cordes de harpe. Des accordéons servent de liant et c’est en toute logique le piano qui prend le relai, aidant la pièce à prendre son envol. Plusieurs claviers rivalisent, l’un répétant sans cesse la même note, d’autres servant de ponctuation sous forme d’accords bien graves. Le jeu redevient alors très riche, plus proche des musiques improvisées : grincements métalliques appuyés, tintements de cordes épars, roulements, frétillements d’archets esquissent alors une lente montée vers un dernier drone puissant, cachant presque quelques riffs de guitare électrique en arrière plan.

S’il est prévisible, le retour au calme qui annonce la fin de la pièce reste assez libre, croisant flottements de chœurs et spoken word feutré, inattendu mais bienvenu, tout comme cet album qui devrait étonner les fans de Machinefabriek.

Fabrice ALLARD
le 18/06/2016

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