Explosions In The Sky

 date du concert

09/06/2016

 salle

Trianon,
Paris

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Explosions in the Sky / Trianon

 liens

Explosions in the Sky
Trianon

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Comme annoncé lors de notre recension de The Wilderness, nous avions donc pris nos places pour l’étape parisienne de la tournée d’Explosions In The Sky, tenue non pas à Bercy comme nous l’avions sournoisement imaginé il y a cinq ans, mais dans un Trianon complet et, de ce fait, surchauffé. En ouverture, le tourneur avait convié Papier Tigre, trio français dont le nom ne nous était pas inconnu, que nous n’avions jamais encore croisé mais qui constituait une perspective moins excitante que d’autres intervenants en première partie des Texans sur le reste de leur tournée européenne (Immanu El ou Julianna Barwick).

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Papier Tigre

Petit clin d’œil de l’histoire, il s’agissait de la seconde formation issue du label Effervescence à assurer une première partie parisienne d’Explosions In The Sky puisque My Name Is Nobody avait opéré de la sorte en 2007 au Trabendo. Disposés sur le front de scène, les Nantais livrèrent quarante minutes de post-punk typique : morceaux syncopés, rythmiques régulières et martiales (du batteur Pierre-Antoine Parois), accords plaqués et saturés (du guitariste Arthur de la Grandière, breaks répété et chant haché (du chanteur et second guitariste Éric Pasquereau). Cet alignement conduisit à une forme d’uniformisation, donnant rapidement le sentiment d’entendre le même morceau tout au long d’un set conduit dans l’énergie par les trois Français, simplement vêtus de bermudas et chemisettes, soit parfaitement raccords avec l’étuve en train de s’installer dans la salle.

Quand nous avions chroniqué The Wilderness, nous nous étions interrogés sur la direction qu’allait prendre Explosions In The Sky en concert : aller vers les tentatives et évolutions développées dans ce dernier album en date ou bien rester dans les canons du post-rock épique maîtrisés de longue date par le groupe. Afin de contenter les amateurs de ces deux versants, on eut l’impression que, ce soir, les Texans partagèrent leur prestation en deux phases. Pour introduire le premier volet, les États-Uniens débutèrent, comme sur leur dernier long-format, par Wilderness et son apport électronique : bien intégré (nonobstant une petite difficulté technique qui gêna Chris Hrasky), cette rythmique ajoutée fut vite relayée par le reste de l’instrumentation avant d’embrayer sur vers d’autres titres. Cette première moitié se fit ensuite assez dense, travaillant sur les ambiances et une certaine lourdeur des accords de guitares. Seules les transitions entre les morceaux (Greet Death, Logic of a Dream, The Ecstatics) apportèrent un peu de luminosité à l’ensemble par la grâce d’arpèges de Mark T. Smith ou de l’e-bow utilisé par Munaf Rayani.

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Explosions In The Sky

Avec The Birth and Death of the Day, le groupe entama son virage vers ses « tubes », ses morceaux aux aspects mélodiques plus marqués, aux guitares carillonnantes et à la batterie métronomique : With Tired Eyes, Tired Minds, Tired Souls, We Slept ou Your Hand in Mine. Classiquement, cet enchaînement nous conduisit vers The Only Moment We Were Alone, traditionnel final qu’on pouvait d’autant plus anticiper que l’autre morceau caudal possible (Disintegration Anxiety) avait été placé juste avant. Une nouvelle fois, la perfection de ce titre conclusif n’eut pas d’égal et ne put que nous ravir, comme il emballa le public, y compris ceux qu’on ne peut que désigner comme (c’est de saison) les « footix des concerts » : ceux qui s’évertuent à (essayer de) taper dans les mains en suivant la grosse caisse ou à applaudir avant le final de The Only Moment We Were Alone.

Plutôt que ces importuns, retenons également les magnifiques jeux de lumières servis par les équipes entourant le groupe. Les deux rangées d’ampoules, situées en front et en fond de scène, permirent en effet de découper les silhouettes des musiciens ou d’éblouir le public, de nimber les Texans d’une forme d’aura ou de varier les tonalités (orangé, bleu, blanc, arc-en-ciel), de proposer un chenillard (quand les projecteurs s’allument et s’éteignent dans une séquence cyclique) serpentant autour de la scène ou de pointer vers le ciel, ce ciel qu’Explosions In The Sky toucha assurément une nouvelle fois.

François Bousquet
le 10/06/2016

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