Spain / Marnitude

 date du concert

14/06/2016

 salle

Petit Bain,
Paris

 tags

Marnitude / Petit Bain / Spain

 liens

Petit Bain
Marnitude
Spain

 dans la même rubrique
29/11/2016
Moskus
(Maison de Norvège)
07/11/2016
Melmac
(Pop In)

Même si, intuitivement, la musique de Spain ne fait partie des priorités de ces pages, elle nous accompagne depuis près de vingt ans et le groupe états-unien a déjà été chroniqué ici-même, pour un concert à la Flèche d’Or fin 2013. Il était donc peut-être temps de consacrer une véritable recension à la formation de Josh Haden qui, pour son étape parisienne, se produisait à Petit Bain dans une configuration en trio.

JPEG - 59.3 ko
Marnitude

En préambule, la soirée permit de découvrir Marnitude, groupe franco-belge dont le nom nous était connu puisqu’Arbouse Recordings avait sorti leur album en 2014 et qu’il venait de se produire avec Acetate Zero lors du retour du groupe parisien sur scène, il y a une petite semaine (concert non chroniqué ici, car on ne pouvait être à la fois au Trianon et au Pop In). Si on a quelquefois l’impression que les plateaux mêlant un artiste local et un groupe international en tournée sont montés un peu à l’arrache, sans véritable discernement, cette soirée vint démontrer qu’il était tout à fait possible de constituer une programmation diablement cohérente.

En effet, Marnitude délivra un set slowcore particulièrement appréciable : les accords de guitare de Jean-Rémy Papleux étaient grattés puis dotés d’une belle saturation, la basse de Julien Doigny marquait tous les temps, la batterie de Pauline concentrait ses interventions répétées sur une de ses composantes (charleston, caisse claire ou cymbale) et l’orgue de Pierre-Arnaud mettait en place des nappes à la saturation renforcée. Si quelques aspects peuvent probablement être encore améliorés (un solo de guitare un peu trop long par ici, des finales de morceaux trop souvent réduites à un dialogue basse/batterie par là), la belle ampleur que prenaient certains titres de Marnitude (notamment quand Papleux délaissait sa guitare acoustique pour une six-cordes électrique) nous invite assurément à suivre l’avenir de cette formation.

JPEG - 110.7 ko
Spain

Entouré, pour cette tournée européenne, de deux musiciens, Josh Haden s’installa sur scène à 21h30, sa basse bien en main, tenue à l’horizontale, prêt à attaquer un set de près de cent minutes, piochant aussi bien dans les derniers efforts de Spain que dans les immarcescibles The Blue Moods Of Spain et She Haunts My Dreams (on regretta, néanmoins, l’absence de I’m Leaving You et Before It All Went Wrong, tirés de cet album). Placé côté cour, Haden opérait de sa voix grave et profonde tandis que, côté jardin, Kenny Lyon passait de la six-cordes électrique à corps plein à une guitare demi-caisse. L’utilisation de cette dernière permit, au reste, d’emmener la tonalité générale du côté du blues, notamment par l’usage du vibrato et d’une pédale wah-wah.

De son slowcore traditionnel, Spain put également évoluer vers des territoires plus proches de l’americana quand le tempo s’élevait, avant de retourner sur ses rivages plus habituels (le très attendu Untitled #1 ou l’impeccable enchaînement Nobody Has To Know / I Lied). Cette variété permit de renouveler le propos, au contraire de la manière dont les morceaux étaient construits, trop souvent échafaudés sur le même schéma : deux ou trois enchaînements couplet-refrain avant que Josh Haden ne se recule pour laisser Kenny Lyon se lancer dans un solo étiré à l’envi. Il s’ensuivit une certaine lassitude, corroborée par la durée du concert même si, de toute évidence, Spain n’a plus grand chose à prouver.

François Bousquet
le 15/06/2016