Ana Jotta : Ti Re Li Re

 date

du 08/04/2016 au 26/06/2016

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Ana Jotta / Crédac

 liens

Crédac

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Fidèle à sa tradition aventureuse, le Crédac nous propose de clôturer la saison avec une monographie consacrée à une artiste portugaise peu montrée en France, au contraire de son pays d’origine où elle a bénéficié de plusieurs expositions. Adepte des petits espaces et du travail à domicile, Ana Jotta a fait le choix d’apposer des rideaux aux larges baies vitrées du centre d’art, de telle sorte que, une fois n’est pas coutume, il nous est impossible de faire le lien entre ce qui est présenté à l’intérieur et le panorama ivryen vu à l’extérieur.

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Vue de l’exposition

Pour renforcer ce sentiment, deux constructions sont placées dans la grande salle : l’une représentant un Petit Cirque et faite de structures en lamelles, réalisées à l’aide de photos, et l’autre s’apparentant à une cabane, formée à partir d’une bâche ayant servi de signalétique à une exposition de l’artiste à Lisbonne en 2014. Si la première est ajourée et la seconde fermée, l’impression de rejouer un geste d’enfance se fait jour dans les deux cas. Ce geste se trouve également relayé par le caractère un peu naïf et simple des peintures ou huiles sur toiles accrochées aux murs de cette même salle, tandis qu’un nuage en acier peint nous permet tout de même d’imaginer un morceau de ciel.

Ce lien avec la biographie de la plasticienne se voit davantage souligné dans les deux salles suivantes, dans lesquelles la peintre laisse place à une collectionneuse, capable d’agglomérer un grand nombre d’éléments pour en faire un papier peint composite : couvertures d’album de Tintin, cases de BD de Charles Burns, coupures de presse, partitions musicales, dessins… Ces collages emplissent toute une pièce, pouvant alors générer un sentiment de confinement, voire d’étouffement. Ana Jotta tente ainsi de capter ses souvenirs, de les saisir ou de les figer sur des écrans de projection, sur les pans du chapiteau ou sur les murs d’une pièce.

Le visiteur est, par conséquent, invité à s’immerger, ou à plonger, dans la vie de la Portugaise, à entendre un extrait des Dames du Bois de Boulogne (l’un de ses films préférés) ou bien à apprécier sa collection de « J » (la créatrice jouant sur la proximité entre son patronyme et la « Jota », manière dont cette lettre se dit en portugais), compilation d’objets divers formant cette consonne. Si l’écueil du narcissisme n’est pas forcément évité avec ce type de proposition, on ressort du Crédac néanmoins content d’avoir fait une nouvelle découverte.

François Bousquet
le 21/06/2016

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