The Cheat Code

Sélénite

(Dataglitch / Internet)

 date de sortie

05/06/2014

 genre

Electronique

 style

Ambient / Electronica

 appréciation

 tags

Ambient / Dataglitch / Electronica / The Cheat Code

 liens

The Cheat Code
Dataglitch

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Ce n’est que lorsqu’on nous a contacté pour parler de cet album de The Cheat Code que l’on a découvert Dataglitch, collectif français devenu également label et netlabel dont l’univers nous fait énormément penser à Da ! Heard It Records. On retrouve d’ailleurs quelques artistes en commun au sein de ces deux structures qui œuvrent autour de la scène chiptune/8-bits/circuit bending, avec un certain activisme puisque Dataglitch va jusqu’à organiser des ateliers autour de ces domaines (circuit bending, Pure Data, Arduino, etc...). On découvre également le duo The Cheat Code formé par deux artistes qui composent également en solo, Morusque (Yann Van der Cruyssen) et Bitcrusher (Sylvain Buffet), tout deux largement représentés chez Dataglitch.

À l’origine, Sélénite est un petit livre dessiné de Victor Lejeune, édité à 40 exemplaires et autopublié. Celui-ci a été mis en musique par le duo français qui s’est produit en live et a enregistré cet album à Angoulême le 15/11/2012 pendant lequel le graphiste projetait ses dessins. L’ensemble est aujourd’hui disponible dans une version livre+CD qui fait plutôt envie puisque musique et titres des morceaux laissent planer le mystère sur cette histoire qui semble mêler, à en croire les titres des morceaux, navette spatiale, chameau, ville secrète et lac gelé...
On décolle donc de fort belle façon, en Navette spatiale, avec une ambient finalement assez expérimentale, faite d’abstractions à base de tonalités lointaines, bleeps épars et bruissements grésillants évoquant le décollage. Et puis c’est l’ascension et bientôt la sérénité avec de belles nappes et fines mélodies. Si l’on devait citer un nom, une référence, ce serait l’Allemand Gas (Mat Jarvis), période Microscopic. S’agissant d’un live, on ne sera pas trop surpris de constater l’enchainement des titres qui permet de profiter au maximum de ce voyage sidéral qui se poursuit en Orbite tout en restant, et c’est la force du duo, dans un entre deux, à la fois apaisé et chaotique, séduisant sans jamais céder à la facilité, toujours surprenant.

Après un Atterrissage de fortune qui se traduit logiquement par une sorte d’intermède expérimental, on part à la découverte de La surface de cette planète que l’on devine calme et accidenté. Bien loin des genres 8-bits/chiptune, The Cheat Code a ici d’autres ambitions et semble s’être complètement investi dans ce projet d’illustration sonore pour BD, conférant à certaines pièces un style véritablement cinématographique. Sous la surface, on trouve ainsi un groove jazzy avant de lorgner sur le western façon Ennio Morricone, avec harmonica mais À dos de chameau, histoire de ne pas faire comme tout le monde.
Une rythmique galope sur Le lac gelé, le tempo se fait plus lourd et c’est alors le drame lorsque La glace se brise. On tient certainement là les deux pièces les plus difficiles, même si une fois la glace brisée le duo bifurque vers une sorte de folktronica minimale, jouant de nouveau sur l’aspect mystérieux de cet univers inconnu. On fait alors un tour Dans la caverne dont les tintements métalliques évoquent les gouttes d’eau formant des concrétions calcaires. Les dernières pistes sont autant de petits bijoux electronica, fine et mystérieuse dans les Couloirs, chaloupée dans la Ville secrète, plus feutrée sur le Décollage que l’on pourrait comparer à un Boards of Canada dopé aux amphétamines.

Une très belle surprise, mais aussi le regret de découvrir le label Dataglitch visiblement un peu tard puisqu’à ce jour, aucun album n’a été publié depuis ce Sélénite.

Fabrice ALLARD
le 01/07/2016