Kevin Verwijmeren

It’s The Colour Of A Cloud Covered Sky

(Soft Corridor Records / Internet)

 date de sortie

06/06/2014

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone

 appréciation

 tags

Ambient / Drone / Kevin Verwijmeren / Soft Corridor Records

 liens

Kevin Verwijmeren
Soft Corridor Records

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Alors qu’il sortait son 2eme album en ce début d’année, nous revenons sur la première production de Kevin Verwijmeren publiée en 2014 par Soft Corridor Records. Une découverte qui nous a tout de suite charmé avec une ambient à la fois douce et joliment torturée. C’est aussi l’occasion de présenter The Soft Corridor, petite structure créée par Julien Lambrechts, basée en Belgique avec à ce jour une dizaine de références dont un album de Sima Kim publié en 2013.

Avec des études en physique, le Néerlandais Kevin Verwijmeren ne se destinait a priori pas à une carrière musicale. On supposera que comme beaucoup d’artistes dont nous parlons sur ces pages, il a du bidouiller sur un ordinateur, peut-être quelques machines, et puis peut-être un peu poète dans l’âme, l’idée lui ai venu de transcrire en musique les émotions, l’état d’esprit dans lequel il était durant de longs trajets en transports en commun. Vivant dans une zone reculée, Kevin Verwijmeren passe vraisemblablement de longs moments à contempler le paysage qui défile et il tente, plutôt avec réussite d’ailleurs, de mettre ces longs travellings en musique.
Ça démarre en douceur avec des nappes fragiles, douces mais empreintes d’une certaine gravité, flirtant même avec la saturation. Un équilibre instable qui peut faire penser à des friches industrielles, des villes fantômes, une civilisation oubliée. Une chose est sûre, l’atmosphère générale n’est pas des plus enjouée. Le Néerlandais flirte bien souvent avec une ambient drone plutôt grave, même si parfois les sonorités utilisées se font un peu plus douces, de temps en temps proche d’un orgue (Abstract Point Forgotten In The Rush), pour un résultat plus classique quand les nappes se font feutrées (Hour Of Reverie).

C’est quand il travaille plus particulièrement sur le son que le Néerlandais réussi le mieux son coup. Cela se traduit de diverses manières, en jouant sur un son plus minéral par exemple sur Abstract Point Forgotten In The Rush ou sur de lents tournoiements en ouverture de We Keep On Living In Hope avant de pencher vers des nappes éraillées, à la limite de la rupture sur ce même morceau.
A mi-parcours, le musicien joue la carte de l’apaisement avec quelques pièces plus minimales, une ambient drone sous forme de lente progression sur les deux parties de At Dawn I Looked Up, ou d’oscillations infinies sur le très beau et bien nommé The Never Ending Tape. On terminera sur des terres un peu plus arides, plus sombres, avec une sonorité proche d’un cuivre, un peu fragile, mal assuré (Lost In The Great Mournful Sounds) qui s’éloignera doucement au fil d’un Southward Plains qui servira d’adieux. Joli voyage, et douce rêverie.

Fabrice ALLARD
le 03/07/2016