Hildur Guðnadóttir

Saman

(Touch / La Baleine)

 date de sortie

30/06/2014

 genre

Classique

 style

Ambient / Néo-Classique

 appréciation

 tags

Ambient / Hildur Guðnadóttir / Néo-Classique / Touch

 liens

Touch
Hildur Guðnadóttir

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Connaissant plutôt bien le travail de l’Islandaise et même si l’on prend toujours plaisir à écouter ses nouvelles productions, nous pensions en avoir fait le tour, peinant peut-être un peu à être surpris. Mais c’est probablement parce que l’on avait oublié Leyfðu Ljósinu, son dernier album datant de 2012 que l’on qualifiait alors du meilleur album de Hildur Guðnadóttir. Nous avions effectivement oublié cette utilisation de la voix, encore timide et limitée à un accompagnement du violoncelle, et c’était sans compter sur ce Saman qui est l’occasion d’aller un peu plus loin encore dans l’exploration de ce duo violoncelle-voix.

L’album s’ouvre sur un Strokur que l’on qualifiera d’assez classique, d’abord presque silencieux, invitant des accords à la fois graves et retenus. L’ambiance est de toute façon à la mélancolie. Que se soit dans la retenue ou dans un jeu plus enlevé, les cordes restent dans des registres tour à tour graves ou plaintifs quand elles prennent leur envol. La voix de l’Islandaise fait ensuite une petite apparition, sous forme de chœurs religieux sur un Frá qui gardera le statut d’intermède et qui fait office d’un subtile teasing, jouant sur la rareté de cette voix. On devra donc patienter encore un peu avec un Birting à l’originalité maitrisée, entre flottements et élans retenus, mélodies passagères pour une beauté impalpable.
C’est avec Heyr Himnasmiður que l’on a véritablement l’impression d’être entré dans l’album. Dès les premières secondes la voix bien que timide, s’affirme. Claire, bien au dessus d’un violoncelle retenu, particulièrement haut perchée, elle invite au silence, au recueillement devant tant de beauté. L’électronique est ensuite au service de cette voix qui se dédouble et semble rivaliser avec des chœurs.

Un peu plus loin c’est sur le jeu du bassiste Skúli Sverrisson que l’Islandaise pose sa voix. Bien que dans un autre registre, le résultat est là aussi superbe, jouant sur un contraste entre le jeu rapide de cordes pincées et la voix lancinante et feutrée d’Hildur Guðnadóttir. C’est enfin sur Líður que l’on entendra cette voix pour la dernière fois, une voix bien trop rare donc. Un titre en deux parties, avec dans un premier temps un chant posé sur un piano répétitif, puis une véritable fusion entre le chant et les cordes.
En alternance avec ces quelques pièces chantées, on retrouve l’Islandaise dans son domaine de prédilection, à savoir au violoncelle et machines pour de subtiles effets et une musique que l’on situera entre l’ambient et le néoclassique. C’est à la fois beau, ample et très mélancolique (Bær, Torrek), voire anxiogène sur le Þoka qui conclut l’album. On sera plus surpris par les flottements inquiétants de Í hring que l’on croirait tirés d’un film policier à suspense ou Rennur upp et Til baka dont les pincements de cordes oscillent entre rythme et ponctuation.

Un très bel album, on aurait juste aimé que la voix soit un peu plus présente.

Fabrice ALLARD
le 04/07/2016

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