Pierce Warnecke

Memory Fragments

(Room40 / Import)

 date de sortie

20/05/2016

 genre

Electronique

 style

Ambient / Minimal

 appréciation

 tags

Ambient / Minimal / Pierce Warnecke / Room40

 liens

Room40
Pierce Warnecke

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Bien qu’on croise son nom de longue date (ces pages ont même pu rendre compte d’un concert donné début 2012 au Batofar, en première partie de Red Snapper), il ne s’agit que du premier album que publie Pierce Warnecke. En effet, l’États-Unien, à présent basé en Espagne, n’avait jusqu’à présent sorti que des sorties partagées ou des formats courts. Accueilli chez Room40, il peut y livrer un disque assez surprenant puisqu’alors qu’on l’imaginait plutôt dans un registre electronica avec rythmiques et composantes synthétiques, il propose ici une ambient sombre, opaque et dense, agrémentée de la présence de deux comparses chargés d’apporter leurs instruments réels aux côtés de Warnecke.

Ainsi que le conçoit généralement ce genre d’entreprise, quelques sonorités plus lumineuses viennent éclairer l’ensemble, de même que des éléments pointus et acérés arrivent à percer les textures caverneuses. Dans cette perspective, la cymbale de Kris Limbach remplit parfaitement son office  : motorisée et métallique, elle contribue à la richesse du propos. Pour sa part, Yair Elazar Glotman et sa double basse se font plus naturellement profonds tandis que Pierre Borel agit sur son saxophone alto par souffles et crachotements.

Autre topos de ce style musical, la présence de field recordings, captés au gré des voyages et rencontres du musicien, ne fait pas défaut sur Memory Fragments, album à l’intitulé déjà très programmatique. De Marseille à Madère, de Berlin à Annecy, Pierce Warnecke a, en effet, saisi des instants et bribes sonores chargés, par la suite, d’agrémenter ses morceaux. Combinés à des craquements, ces composants jouent sur la stéréo et savent se faire très pertinents (Built On Folds And Braids), jouant évidemment sur leur caractère évocateur et l’imaginaire qu’ils suscitent chez l’auditeur.

Au-delà de ces aspects attendus, c’est sur la deuxième face de l’album (qui, même s’il est disponible en CD, se divise ouvertement en une première et une seconde partie) que les trois musiciens apparaissent aux côtés de Warnecke, conduisant la proposition à évoluer vers quelque chose relevant davantage de l’électro-acoustique ou de l’improvisation expérimentale et minimale. Les notes graves de piano de l’ノtats-Unien figurent alors des points d’étape, cadençant un morceau, pendant que les autres interventions essayent de se placer et de ne pas se faire submerger par les couches électroniques.

François Bousquet
le 28/07/2016

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