Christian Hidaka : Desert Stage

 date

du 14/05/2016 au 04/09/2016

 salle

Grand Café,
Saint-Nazaire

 appréciation
 tags

Christian Hidaka / Grand Café

 liens

Grand Café

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Peintre anglo-japonais, Christian Hidaka opte pour une approche intéressante de son exposition au Grand Café puisqu’il occupe la grande salle du centre d’art avec une œuvre unique en trois dimensions, tandis que les autres pièces sont agrémentées de toiles au format plus traditionnel. Plus encore, c’est tout l’espace du lieu nazairien qui se trouve investi par l’artiste, intégrant les poteaux de la grande salle à son installation, constellant l’un des murs d’une autre salle de motifs issus de sa toile Blue House ou découpant une cloison en arcades, sur le modèle de celles vues dans ses créations. Ce jeu sur les espaces et les lieux résonne alors fortement avec les sujets mêmes de ses études, montrant majoritairement des cloîtres, des maisons ou des ensembles de construction, parfois décomposés ou éclatés aux coins de ses toiles.

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After The Moroccans
(courtesy Grand Café)

Œuvre principale, donc, After The Moroccans se veut la recréation en trois dimensions de la peinture Trobairitz située à l’étage : certains personnages sont isolés et extraits du tableau pour apparaître dans la salle, un brasier et un paon posé sur un polyèdre ont également été libérés du paysage tandis que certains murs sont peints pour figurer l’un des bords du tableau. Conjuguée à la présence des poteaux métalliques déjà évoqués, cette technique conduit à transformer une toile en mini-scène de théâtre, que le visiteur peut arpenter à la recherche du personnage principal, visé dans le titre de la peinture, cette femme troubadour qui, telle l’Arlésienne, ne se montre pas.

Ludique (on parcourt, on compare, on repère les influences arabo-andalouses ou Renaissance), la démarche d’Hidaka fait aussi montre d’une belle poésie, découpant, par exemple, les silhouettes de quelques-uns de ses personnages dans le paysage, à la manière du surréalisme belge, ou bien jouant sur le paradoxe qui consiste à proposer des tableaux sans véritable point de fuite alors que ces sujets paraissent chercher où aller et où regarder. D’une toile à l’autre, l’utilisation de couleurs fabriquées par le peintre lui-même, la reprise de quelques motifs (cette femme-tambour) ou encore le travail sur le patio dans la composition de ses œuvres (un espace vide au milieu, des constructions et des personnages sur les côtés et dans les angles) dessinent une logique et une cohérence tout à fait convaincantes.

François Bousquet
le 01/08/2016

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