Bataille

 chorégraphe

Pierre Rigal

 date

01/08/2016

 salle

Parc de la Butte du Chapeau Rouge,
Paris

 appréciation
 tags

Parc de la Butte du Chapeau Rouge / Pierre Rigal

 liens

Pierre Rigal

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Bien que n’ayant pas vu de créations de Pierre Rigal depuis 2011, on suit toujours avec intérêt le parcours du Français et c’est donc sans hésitation aucune qu’on se rendit au Parc de la Butte du Chapeau Rouge pour assister à Bataille. Mettant aux prises deux hommes, disposés sur un plateau encadré par du gaffeur noir, façon délimitation d’un ring ou d’une aire de combat, le spectacle débute effectivement par cinq minutes de véritable bagarre. Au son d’une musique techno au diapason, coups de pieds, coups de poings et prises de grappling s’enchaînent, dans un ensemble proche du catch puisque les coups sont ostensiblement non portés (ou, à tout le moins, non violemment portés, comme au catch).

Cette débauche d’énergie et de brutalité ne pouvant avoir qu’un temps, les mouvements se ralentissent en même temps que la musique s’arrête, les gestes s’apparentent alors à des chorégraphies proches du patinage artistique, d’entrechats de danse classique ou de postures qu’on trouve chez certains plasticiens ; mais, imperceptiblement, au sortir d’une pirouette ou d’une accolade, un coup de pied ou une ruade est donné à l’autre. La bestialité se mue pourtant en chamaillerie : bourrades, tapes viriles dans le dos et tirages de cheveux sont ainsi convoqués. Plus loin, les mouvements se font plus saccadés, conduisant les danseurs à singer les adeptes de tecktonik. Bandant leurs pectoraux, se rapprochant fortement, Hassan Razak et Pierre Cartonnet nous rappellent aussi, par un sous-texte crypto-gay, que le corps-à-corps n’est pas que bagarre mais aussi étreinte.

Les percussions corporelles du premier sont aussi très bien intégrées à la chorégraphie, agissant comme des rafales venant, à distance, percuter le corps du second. Diversifié et souvent empreint d’une bonne dose d’humour, Bataille se fait peut-être un peu trop répétitif lorsque Cartonnet, à quelques reprises, et à la manière des héros de cartoon, continue de courir en criant « arrête ! » à son partenaire alors que celui-ci l’a lâché depuis plusieurs instants. Comme cet état quasi-enfantin et insouciant qui conduit les deux hommes à s’agripper, sans raison valable, ne peut pas s’éterniser, le spectacle se clôture sur quelque chose de plus mélancolique, voire désabusé, Razak ne réagissant plus, prostré au milieu du plateau. Bien que son comparse l’exhorte à bouger, il semble vidé, de forces comme de vie, venant jeter un voile plus désenchanté sur une partition pas si animale que cela.

Autre date :
- 31 mars 2017 : Draguignan - Théâtres en Dracénie

François Bousquet
le 04/08/2016

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