achim.bloch

Dubwerk#1 Headless Lifeforms

(Roxxx Records / Internet)

 date de sortie

22/09/2014

 genre

Electronique

 style

Dub / Electro / Techno

 appréciation

 tags

achim.bloch / Dub / Electro / Roxxx Records / Techno

 liens

Roxxx Records
achim.bloch

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Encore des découvertes et encore des surprises en s’éloignant une nouvelle fois un peu de notre ligne éditoriale. C’est le label tourangeau Roxxx Records qui nous a sollicité pour nous faire découvrir le premier album d’achim.bloch. Le label est assez proche des musiques techno au sens large, mais achim.bloch semble se démarquer avec une approche bien personnelle, alliant des influences électro, ambient, dub, avec parfois un petit détour par les musiques de film.

15 morceaux pour un total d’1h20 de musique, voici un premier album particulièrement dense qui a déjà été suivi par deux autres productions ! L’entrée dans l’univers du Français se fait en douceur puisque celui-ci brouille un peu les pistes avec une intro ambient à base de chœurs religieux. Il suffira de quelques coups de feu pour se lancer dans une électro soyeuse alliant douceur mélodique et relative noirceur. On notera d’ailleurs un petit effet de symétrie entre ce Grownlings in a Neko Café et Digital Mirrors qui conclut l’album sur un bel équilibre entre rythmique électro et croisements mélodiques mais en optant encore une fois pour des sonorités assez graves alors que l’ensemble de l’album reste très enlevé.
Mais sinon, elle ressemble à quoi la musique d’achim.bloch ? C’est un mélange parfaitement maîtrisé et donc fort réussi de divers styles électroniques à commencer par l’électro, une techno chaloupée et le dub, le tout enveloppé de mélodies plus efficaces les unes que les autres, transformant presque tous les titres en tubes potentiels. Puisque le titre annonce la couleur, commençons par le dub, plus particulièrement marqué sur des titres tels que The Kid in the Loop Hole with a Gamepad et Of Mono Moons. Sur le premier cette influence s’estompe progressivement alors que des basses viennent appuyer le rythme et que des mélodies électro prennent le dessus tandis que c’est une étonnante mélodie de trompette qui s’élève et propulse Of Mono Moons vers des terres inconnues.

Bien sûr, quand on parle électro, c’est à Kraftwerk que l’on pense et la référence est très marquée sur Contemporary Steels et ses claviers rythmiques sous forme de piaillements fins et secs. Bien sûr le son des Allemands était bien particulier et on en retrouve la trace sur Offbeat Gen.LTD jusque dans les quelques mots passés au vocoder. Les musiques électroniques ayant petit à petit intégré le 7eme art, ce sont aussi des influences cinématographiques que l’on trouve parfois, dans le choix des sonorités ou l’ambiance de certaines mélodies. On hésite ainsi entre Georgio Moroder et John Carpenter en écoutant Big Endian People et son tempo plus lourd à base de grosses basses nasillardes. Bien que très différents, ce sont encore des images que l’on a envie de plaquer sur Death of a Jobless Gamer ou Concrete Islands, parfaits génériques de fin pour des films angoissants en territoires désertés.
On l’a vu, les mélodies prennent une place importante et se révèlent généralement très efficaces. On pourrait ainsi fredonner les mélopées de All of you jpegs, se dandiner sur les boucles entêtantes de Antipatterns et penser à Jean-Michel Jarre à l’écoute de Bipolar Bears ou Protoplanes avec leurs claviers épais imitant des guitares électriques.

De part ses nombreuses influences, c’est finalement un charme rétro qui se dégage de cet album, revisitant ses classiques pour en faire quelque chose de nouveau, de personnel et d’enlevé, à la fois mélodique et dansant. Une très belle découverte !

Fabrice ALLARD
le 14/08/2016