Giulio Aldinucci

Aer

(Dronarivm / Import)

 date de sortie

30/09/2014

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / Dronarivm / Expérimental / Field Recordings / Giulio Aldinucci / Obsil

 liens

Obsil
Giulio Aldinucci
Dronarivm

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Découvert en tant que Obsil, c’est désormais sous son vrai nom que se produit l’Italien Giulio Aldinucci. Si nous avons déjà parlé de Spazio Sacro, son dernier album solo publié chez Time Released Sound en 2015, nous revenons ici sur Aer qui sortait un an plus tôt chez Dronarivm, le label moscovite chez qui on retrouve la fine fleur de l’ambient contemporaine.

Le titre et la pochette (avec ses éoliennes) sont des indices, Aer prend pour thème l’air et ses changements incessants, allées et venues sous forme de courants, à l’image des mers. Il est également vu et traité comme moyen de transmission du son et donc de l’espace dans lequel les différentes sonorités se mêlent entre elles pour en former de nouvelles. A vrai dire, mis à part une certaine fluidité qui se dégage de Aer, quelques sonorités feutrées ou proche du souffle, l’idée de départ importe finalement assez peu et il est aisé d’apprécier cet album pour sa musique seule.
Pour qui connait déjà le travail de l’Italien, Aer n’offrira peut-être que peu de surprises puisque l’on y retrouve une ambient croisant nappes électroniques, field recordings et autres bruitages afin de donner un peu plus de corps à sa musique. On démarre ainsi avec Intermittent Musical Box et ses boucles de laptop à la fois flottantes et saupoudrées de grésillements. Au second plan, un peu de vie avec divers bruitages, probablement quelqu’un en train de travailler puisque l’on devine des pas, des coups, des objets que l’on déplace. Si ses nappes sont beaucoup plus franches et denses, Lampara reprend le même schéma avec encore des pas qui trainent et peut-être les sabots d’un cheval. Malgré les relances incessantes des sonorités, nous avons ici une ambient très linéaire.

On change un peu de style avec les deux titres suivants qui tous deux optent pour des nappes bien plus feutrées, une approche mélodique plus réussie et des effets de cassure/hachage qui créent un semblant de rythmique. Sleep With Noise est d’ailleurs probablement notre titre préféré avec ses boucles extrêmement brouillées, enfouies sous des souffles et bruits concrets tout en bénéficiant d’un émouvant effet de vibration permanente. Sur Filo Di Voce ce sont des voix pleine de reverb qui retiennent l’attention, donnant l’impression d’être captées dans une église. Entre ces voix, les orgues et les cloches d’églises qui tintent à la fin de In Mare, on se dit alors que les bases du futur Spazio Sacro étaient déjà là.
Alors que l’on progresse dans ce disque, nappes et mélodies s’estompent jusqu’à ce mystérieux 1001011011 x 2, titre un peu isolé, abstrait, à base de bruitages tels que chants d’insectes, micro-tintements et coups métalliques. C’est alors une ambient concrète qui prend forme dont les sonorités semblent tomber comme la pluie avant que quelques nappes saccadées tentent d’entrer en scène.

On retrouve une ambiance quasi religieuse avec le caudal Fieno et ses chœurs feutrés. Titre le plus long de l’album, on y retrouve tous les éléments indispensables à la musique de l’Italien : nappes grésillantes, field recordings discrets, petits claquements rythmiques pour un superbe final, très ambient et à tendance minimale.

Fabrice ALLARD
le 15/08/2016

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