Malfinia Ensemblo

Varsovia

(Kvitnu / Import)

 date de sortie

27/09/2014

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Improvisation / Krautrock

 appréciation

 tags

Expérimental / Improvisation / Krautrock / Kvitnu / Malfinia Ensemblo

 liens

Kvitnu
Malfinia Ensemblo

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Et nous voici de nouveau avec une production Kvitnu, mais cette fois le label ukrainien nous prend à contre-pied avec cette formation qui semble sortie de nul part. Varsovia est effectivement le tout premier album de ce duo formé par l’américain Norman Teal (qui se produit également en solo en tant que The Norman Conquest) et le batteur autrichien Andreas Stecher. C’est suite à une tournée européenne commune que les deux hommes ont naturellement décidé de travailler ensemble, avec l’idée d’une musique sombre mais portée par une section rythmique puissante. Fin 2012, ils s’enferment en studio à Varsovie et produise cet album à la forme atypique : 5 titres au format pop, de 3-4mn, et un 6ème de près de 19mn en guise de conclusion.

Nous parlions de surprise et d’étonnement, nous n’avons effectivement pas d’autres mots à l’écoute du Mensa Lavango qui ouvre l’album et avec lequel on découvre donc la musique du duo. On commence à bien connaître le label Kvitnu dont les productions sont plutôt parfaitement calibrées, généralement cantonnées à une électro expérimentale influencée par l’IDM et les musiques industrielles. Nous voici donc pris de court lorsque démarrent les percussions lourdes et brutes de Mensa Lavango, sans parler de cette mélodie électronique aérienne, flottante. Le contraste est saisissant mais au fil de son déroulement l’ensemble trouve son sens dans ce que l’on qualifierait d’un post-rock électronique survolté alliant percussions acoustiques et électronique vintage.
Le principe est donc posé, voyons maintenant comment il se décline au fil des morceaux. On notera déjà la présence d’une invitée sur 2 titres, une certaine Agnes Szelag qui pose sa voix sur le lourd et plaintif Lumo, mais aussi sur un Fulmo que l’on trouvera un peu moins inspiré, misant tout sur la section rythmique. C’est ensuite un jeu d’improvisation qui marque les esprits en introduction de Eĥo avant que l’électronique ne s’élève avec dans l’ordre pulsations de basses nasillardes et arpèges bouillonnantes. On terminera cette première partie avec un Malfinia Ondo qui ferme un première partie en mettant la batterie un peu en retrait au profit de nappes mélodiques et claviers chatoyants.

Avec ses plus de 18mn, La Universo Estas Atomo est donc le gros morceau de l’album dans lequel on retrouve les éléments précédemment invoqués mais dans une construction plus ambitieuse. On débute donc par une longue phase d’improvisation, d’abord acoustique, puis l’électronique s’en mêle à base de souffles et autres zigouillis abstraits. Construction progressive de la rythmique, claviers qui arrivent en soutien et on retrouve cette musique à la fois lourde, puissante, sombre et mélodique avec ici de longs accords électroniques. La densité est assez exceptionnelle et l’énergie finit par exploser au grès des allées et venues d’arpèges électroniques un peu rétros. Le retour au calme se fait dans un premier temps par un passage chaotique, où tout s’emmêle, la mélodie se déconstruit, se liquéfie pour arriver à une ambient électroacoustique.

Avec cet album, le label Kvitnu montre qu’il peut encore surprendre, sortir de son petit confort et proposer encore de nouveaux artistes prometteurs. On espère en effet que ce premier essai, plus que convaincant, connaîtra une suite !

Fabrice ALLARD
le 17/08/2016

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