Un Art Pauvre

 date

du 08/06/2016 au 29/08/2016

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Alighiero Boetti / Centre Pompidou / Emilio Prini / Giulio Paolini / Giuseppe Penone / Jannis Kounellis / Michelangelo Pistoletto

 liens

Centre Pompidou

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Avec Un Art Pauvre, le Centre Pompidou n’ambitionne pas de présenter un large panorama de l’arte povera, mais plutôt de faire un focus sur cette période artistique, éclaté en plusieurs volets. Ainsi, au-delà de l’exposition dont nous allons rendre compte, des films, du théâtre, de la performance et un regard sur l’architecture étaient également proposés, histoire de bénéficier de l’aspect pluridisciplinaire du lieu. Pour la partie purement plastique, c’est dans la Galerie 4 que les choses se déroulent, réunion d’œuvres issues des collections du Musée et exposées dans ce qui était auparavant l’Espace 315, dont la surface a été doublée en rognant des espaces sur la Galerie Sud (dorénavant rebaptisée Galerie 3).

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Giulio Paolini - Cariatide
(courtesy Centre Pompidou)

Sans surprise, on trouve dans cette Galerie, maintenant dotée d’une dimension raisonnable, l’emploi, pour réaliser les différentes sculptures et installations, des matériaux iconiques du mouvement italien : plâtre, terre, bois, laine, terre cuite, argile voire café (chez Jannis Kounellis). Au-delà de ces créations déjà connues, comme de la présentation de l’affiche d’Alighiero Boetti où sont listés les principaux acteurs de cette période artistique, on en apprendra davantage en contemplant les peintures de Mario Merz ou bien les photographies d’Emilio Prini, mediums qu’on aurait pas immédiatement associé à l’arte povera. Ancrés dans l’histoire, revendiquant un geste quasi-archaïque, les plasticiens font également ressurgir l’héritage de l’Antiquité (la Cariatide de Giulio Paolini) voire sollicitent une écriture proche des hiéroglyphes quand Boetti grave sa toile recouverte d’enduit.

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Michelangelo Pistoletto - Metrocubo d’infinito
(courtesy Centre Pompidou)

Ce regard porté sur le passé traduit aussi la volonté des artistes d’opérer en réaction aux motifs colorés et tape-à-l’œil que développait, dans le même temps, le Pop Art. De même, les thématiques choisies se trouvent bien éloignées de la critique, plus ou moins acerbe, de la société de consommation, préférant convoquer la charge symbolique des sujets. La branche de Giuseppe Penone figure ainsi une forêt toute entière, la boussole de Giovanni Anselmo essaye de faire bouger le roc dans lequel elle est encastrée et les miroirs tournés vers l’intérieur de Michelangelo Pistoletto se reflètent à l’infini, permettant de se demander si l’infini au cube est toujours l’infini ou bien quelque chose d’encore plus grand et qui transcende celui qui l’a créé.

François Bousquet
le 19/08/2016

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