Marcus Whale & Tom Smith

Localities

(A Guide to Saints / Import)

 date de sortie

27/10/2014

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Expérimental / IDM

 appréciation

 tags

A Guide to Saints / Ambient / Drone / Expérimental / IDM / Marcus Whale

 liens

A Guide to Saints
Marcus Whale

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Chaque année, le label australien Room40 nous sort son lot de productions au format cassette, dans des registres variés via son sous-label A Guide To Saints. Sur les trois sorties de l’année 2014 nous avons retenu ce mini-album composé par le duo formé par Marcus Whale (déjà actif en solo sous le nom de Scissor Lock) et du saxophoniste et flutiste Tom Smith qui a vraisemblablement abandonné ses instruments pour cette collaboration.

Comme les productions de cette structure peuvent aborder des styles variés et sont produites par des artistes généralement méconnus, chacune d’entre elles est une véritable surprise. C’est un critère qui a son importance puisque cette surprise est souvent liée au fait qu’il s’agisse d’une production originale, à la frontière de différents styles, ou d’un artiste qui sort de sa zone de confort. Sur ce Localities c’est avant tout le style musical qui nous a surpris avec 4 titres qui abordent ou mêlent des genres musicaux bien distincts pour un résultat que l’on n’attendait pas chez A Guide To Saints.
On commence par Lugarno et ses martèlements lourds qui s’installent assez rapidement et s’enrichissent de percussions acoustiques aux consonances tribales. Il s’agit là d’une base extrêmement présente sur laquelle de multiples sonorités viennent se poser que ce soit des tintements de cloches, nappes et bribes vocales flottantes ou glissements électroniques. On obtient là une électro tribale, à la fois dansante et feutrée que l’on classera pas très loin du Panania qui ouvre la face B de façon assez similaire. On tourne encore autour des 9mn et cette fois ce sont des voix/chœurs traités qui servent d’ouverture. Les manipulations électroniques, effets et brouillages sonores nous rapprochent ici de la scène witch house avec un travail pointu de hachage et cassure sur des hululements qui restent mélodiques. Ces voix se trouvent alors en parfait accord avec une rythmique particulièrement tribales mais qui bifurque a mi-parcours vers une techno minimale. Combinaison assez magique et parfaitement maîtrisée pour une pièce qui vaut à elle seule le détour.

Les deux titres qui se retrouvent en seconde partie de chaque face de cette cassette jouent dans un registre complètement différent. S’ils sont tous deux d’une durée 5mn, c’est pourtant du côté de l’ambient qu’ils penchent. Edensor débute par une rythmique mais celle-ci reste loin derrière alors que ce sont des nappes d’orgues qui vont et viennent, grésillantes et granuleuses, gagnant en puissante alors que leur rugosité ne cesse d’augmenter jusqu’à frôler le bruitisme.
C’est donc Kynemagh qui conclue l’album de façon bien plus apaisée, plus classique aussi puisque l’on reste sur une ambient feutrée, à la fois flottante et lumineuse alors que les petits bruitages expérimentaux, abstraits, lui confère une touche luxuriante aux airs de jungle mystérieuse.

Une grosse et belle surprise que cette cassette, riche, variée et séduisante de bout en bout.

Fabrice ALLARD
le 22/08/2016

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