Mika Rottenberg

 date

du 23/06/2016 au 11/09/2016

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 appréciation
 tags

Mika Rottenberg / Palais de Tokyo

 liens

Palais de Tokyo

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Alors qu’à l’étage principal, Michel Houellebecq livre une exposition oscillant entre kitsch, narcissisme, posture cynique et mégalomanie, le Palais de Tokyo accueille Mika Rottenberg dans l’un de ses niveaux inférieurs. Totalement inconnue de ces pages, la quadragénaire argentine avait pourtant fait l’objet d’une précédente présentation personnelle dans quelques salles de La Maison Rouge, début 2009. Pour cette monographie, il s’agit de réactiver plusieurs installations vidéos déjà présentées internationalement, aux côtés de quelques œuvres pensées pour le lieu parisien.

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Vue de l’exposition

De fait, la scénographie du parcours, avec ses recoins, ses corridors et ses passages plus ou moins secrets, invite le spectateur à se faufiler entre les cloisons ou à jouer sur les mécanismes. Ce ressort trouve un écho dans Bowls Balls Souls Holes, film où des pinces à linge issues d’une partie de bingo géante (!) passent par des trappes et des dispositifs pour atterrir dans la main d’un personnage qui se les accroche, une à une, au visage. Cette forme de tournure ironique, et étrange, du quotidien agit également comme une figure récurrente de l’exposition : condensation d’un climatiseur qui goutte sur une poêle chaude et produit un son donnant son titre à l’œuvre (Tsss), grand ventilateur de bureau qui brasse l’air d’une pièce trop petite pour être réellement un bureau, éternuement qui fait jaillir un lapin nain ou bien queue de cheval virevoltante, simplement accrochée à la cimaise, sans qu’on puisse identifier son propriétaire.

Le corps humain devient ainsi à la fois outil et sujet de l’Argentine : des langues et lèvres sortent de petits trous percés dans les cloisons, le visiteur doit donc se frayer un chemin pour passer les portes d’une salle de bingo reconstituée ou encore coller à l’œil au mur ou se hisser sur la pointe des pieds pour apercevoir une vidéo. Pour autant, et malgré cette volonté de l’exposition de se faire immersive, on resta à l’extérieur comme si les couleurs acidulées, l’étrangeté un peu malaisante des propositions ou les corps, parfois hors normes, des femmes des vidéos avaient fini par créer une distance trop grande.

François Bousquet
le 23/08/2016

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