O.S.T. / Miha Ciglar

 date du concert

24/09/2004

 salle

Project 101,
Paris

 tags

Miha Ciglar / O.S.T. / Project 101

 liens

Miha Ciglar
Project 101

Nous avions découvert O.S.T. au festival All Tomorrow’s Parties en 2003, alors qu’il ouvrait les concerts du dernier jour, avant Jim O’Rourke et Coil notamment. La veille, Aphex Twin hypnotisait tout le monde, et seuls les plus motivés ou les lève-tôt étaient là pour voir jouer Chris Douglas. Nous étions là, nous avions apprécié son set, mais nous voulions le revoir dans un cadre plus intime qui conviendrait mieux à sa musique, d’où le déplacement au Project 101.
C’était en plus l’occasion de découvrir Miha Ciglar, jeune slovène qui, va-t-on dire, fait de la recherche musicale.

C’est donc Miha Ciglar qui joue en premier, vers 22h, dans une salle relativement peu remplie. Slovène donc, mais étudiant en Autriche pour devenir ingénieur du son, il a déjà étudié le saxophone et le jazz pour en faire aujourd’hui une composante majeure de sa musique. En perpétuelle recherche, celui-ci s’est logiquement tourné vers Pure Data (logiciel concurrent de Max/MSP) pour créer des interactions entre son instrument équipé de multiples capteurs et un laptop. On verra ce concert en deux parties : dans un premier temps l’ordinateur amplifiait puis déformait des sons à peine perceptible lorsque Miha soufflait dans son saxophone ou frappait le corps de son instrument, créant des nappes ambient à la fois acoustiques et électroniques. Ensuite, ce fut un véritable duel d’improvisation, entre l’artiste et sa machine. Allant de passages calmes à de brèves notes pétaradantes, il générait indirectement des bruits électroniques auxquels il répondait ensuite.
Une musique plutôt expérimentale donc mais très intéressante, une sorte de free-jazz électro-acoustique, et un concert très visuel puisque le laptop est en quelque sorte laissé de côté, indépendant de l’artiste.

On passe ensuite à O.S.T., l’un des projets de Chris Douglas, écossais d’origine vivant actuellement aux Etats-Unis, oeuvrant dans le domaine de l’ambient, pas aussi cinématographique que le sous-entend son pseudo, abréviation de Original Soundtrack. En effet la musique d’O.S.T. se situe à la croisée de l’ambient et de la noise music. S’il commence son set de façon plutôt calme, nappe sombre et des sortes de coups étouffés sur la carcasse d’un bateau, il passera assez vite à la vitesse supérieure, cherchant à calmer quelques bavards qui n’ont visiblement pas compris que le concert avait commencé, ou qui s’en fichaient. Sa musique devient alors sombre, torturée, parsemée de petits bruitages, de boucles aux sonorités industrielles, de rythmiques parsemées de crissements, de voix fantomatiques, le tout noyé dans des souffles puissants.
Pourtant, si l’on a l’impression qu’il fait tout pour rendre sa musique dure, violente même si ce n’est qu’une violence intérieure, une sorte de monstre en train de se noyer, on discerne par moment comme une beauté pure, voire même une certaine mélancolie une fois que Chris parvient à faire fuir ses démons. Un peu énervé par un public peu respectueux et un problème technique, il finira par prendre ses distances et laissera son ordinateur finir le concert tout seul, quittant le navire et offrant sa musique à qui veut bien l’entendre.
Un set riche, varié, et donc pas ennuyeux alors que cette musique pourrait facilement lasser, et quelques moments magiques qui font que la musique d’O.S.T. mériterait une écoute plus approfondie, sur des disques malheureusement quasiment introuvables.

Fabrice ALLARD
le 26/09/2004

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