Chris Watson

 date du concert

05/09/2016

 salle

Fondation Cartier,
Paris

 tags

Chris Watson / Fondation Cartier

 liens

Chris Watson
Fondation Cartier

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Prévue en trois volets, cette Soirée Nomade de rentrée invita tout d’abord les spectateurs à une « déambulation » dans les espaces intérieurs de la Fondation Cartier, comme dans son jardin. Y étaient disposés respectivement des moniteurs diffusant des rushes de Cemetery (un documentaire de Carlos Casas sur le mythe du cimetière des éléphants) et des installations sonores important l’atmosphère de la nature africaine au cœur de Paris. Malheureusement, ces dernières furent difficiles à appréhender, la pluie fine qui tombait alors sur les feuilles des arbres comme les bruits du boulevard Raspail empêchant de clairement distinguer ces interventions.

En deuxième lieu, Joyce Poole, chercheuse et fondatrice de l’ONG « Elephant Voices » donna une conférence sur la voix et le comportement des éléphants. Avec quelques petites vidéos et plusieurs extraits sonores, elle permit au public d’identifier divers sons (barrissement, cris, vocalisations) réalisés non seulement avec leurs trompes, mais aussi avec leurs gorges. Plus encore, on fut instruit du fait que les animaux n’hésitent pas à combiner ces sons avec des bruits produits en battant leurs oreilles ou en traînant leurs pieds au sol, afin de signifier autre chose.

Passée cette très bonne mise en contexte, le public fut convié à descendre au sous-sol et à pénétrer la grande salle, plongée dans le noir et dotée de huit enceintes placées en périphérie. Compagnon de route de Carlos Casas, Chris Watson livra ainsi une nouvelle démonstration de field recording, avec la retransmission de la captation du déplacement d’éléphants du parc naturel Amboseli (Kenya). Les bruissements naturels (feuilles d’arbres, brindilles écrasées) se mêlaient alors aux barrissements et autres vocalisations des animaux et ce qu’on avait appris juste auparavant nous servait alors pour essayer de repérer tel ou tel type d’intervention. Néanmoins, on regretta l’absence de supports visuels, et ce d’autant plus qu’à la base, le projet est bien un film et que la salle dispose de projecteurs comme de murs suffisamment grands pour faire office d’écrans. L’immersion était toutefois réelle (la qualité de prise de son de l’Anglais est toujours optimum) mais probablement trop peu variée, dans ses trois premiers quarts, pour empêcher plusieurs spectateurs de quitter la salle.

Ceux-ci manquèrent, de ce fait, la fin, particulièrement pertinente, du concert de Chris Watson, quand les traitements et altérations des captations prirent le dessus. En effet, puisqu’il était nécessaire d’amplifier fortement les cris et vocalisations des éléphants pour les rendre pleinement audibles (certains étant réalisés en-dessous des 30 Hz, seuil d’audition humain), on se dit qu’il fallait peut-être davantage prendre la prestation du Britannique comme une trituration de sons que comme de simples enregistrements. À cette aune, l’ensemble prit un tour nettement plus intéressant, avec des superpositions de matériaux, un jeu sur la spatialisation ou encore la présence de pulsations. On quitta ainsi le terrain de la mise au jour documentaire pour rejoindre celui d’une expérimentation sonore, probablement plus proche de notre sensibilité.

François Bousquet
le 06/09/2016

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