Markus Mehr

Binary Rooms

(Hidden Shoal Recordings / Internet)

 date de sortie

15/10/2014

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental

 appréciation

 tags

Ambient / Expérimental / Hidden Shoal Recordings / Markus Mehr

 liens

Hidden Shoal Recordings
Markus Mehr

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On découvrait Markus Mehr il y a un peu plus d’un an avec un album live déjà publié chez Hidden Shoal Recordings. C’était pour nous une grosse découverte et c’est donc en toute logique que l’on s’intéresse aujourd’hui à l’album qui a suivi.

Il s’agit bien du même artiste, mais nous ne sommes pas sur le même format puisque nous avons ici 8 pistes bien distinctes là où Live in Bari s’étalait sur plus de 45mn avec une ambient tendue, grésillante, qui nous faisait alors penser à Fennesz. Binary Rooms est donc plus morcelé, tant par la forme que sur le fond. Nettement plus expérimental, abordant et croisant des styles variés, cet album pourra paraître déconstruit mais il reste dans la lignée de chacune de ses compositions faites de cassures et d’incongruités.
La rupture se fait d’ailleurs dès Buoy, une entrée en matière mystérieuse à base de grincements métalliques lents et lourds, résonants, à se demander s’il s’agit bien du même artiste. Après cette courte intro, on change déjà de registre et on passe à In The Palm Of Your Hand et sa rythmique de techno industrielle, sourde et craquelée, parsemée de notes de piano éparses, d’une trompette errante et de quelques piaillements d’oiseaux pour un final qui semble nous plonger dans un club de jazz enfumé. Afin de faire un tour rapide de la diversité des pièces de cet album, on passera directement à Living on Tape et son dispositif des plus simple, enchainant des extraits de voix laissées sur des répondeurs téléphoniques et posés sur un souffle dense et grésillant.

On parviendra tout de même à trouver une ligne directrice dans cet album qui reste en grande partie basé sur des collages sonores, mêlant sonorités concrètes et tonalités électroniques, à l’image de ce Pedestrians au jeu particulièrement franc et fracturé mais qui parvient à intégrer trompette et chœurs religieux. De part son jeu appuyé, on pourra le rapprocher de l’excellent Blackbox, malheureusement réduit à l’état d’interlude. Quant au style général avec son abstraction expérimentale, on le mettra en parallèle de Basin Of The Lost qui clôture tout de même l’album de façon relativement apaisée.
Mais pour retrouver un peu ce qui nous avait séduit sur Live in Bari, on se tournera du côté de Gymnasium Swarms et Power Plant. Bien que toujours fracturé, c’est généralement sur une base douce et rassurante, entre souffles et nappes ambient, que se posent les bruitages et ruptures de Gymnasium Swarms. Plus linaire, Power Plant se démarque avec cette fois des drones industriels et nappes mouvantes. Une ambient mystérieuse, tendue, ponctuée de quelques cliquetis et coups sourds.

Peut-être pas la porte d’entrée la plus aisée pour découvrir l’univers sonore de l’Allemand, ce Binary Rooms reste un très bel album de musique électronique expérimentale alliant ambient et collages sonores. A noter que plusieurs pistes de cet album ont déjà fait l’objet de remixes à découvrir sur la page Bandcamp du musicien.

Fabrice ALLARD
le 09/09/2016

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