Quentin Sirjacq

 date du concert

15/09/2016

 salle

Maison Rouge,
Paris

 tags

Maison Rouge / Quentin Sirjacq

 liens

Maison Rouge
Quentin Sirjacq

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Dans la foulée de la parution de son très bon Far Islands And Near Places, chaudement salué tout récemment sur ces pages, Quentin Sirjacq se trouvait invité par Nicolas Darrot, plasticien exposant actuellement à la Maison Rouge. C’est d’ailleurs au sein même de cette exposition, dans l’une des salles du lieu parisien, au milieu des œuvres de l’artiste, que le musicien installa son piano à queue et convia le (nombreux) public à prendre place. Simplement vêtu d’un jean noir, d’un T-shirt blanc et de baskets, le Français s’assit derrière son instrument à 19h30, pour une grosse heure de solo.

Précisément, lorsqu’on avait appris qu’il opérerait tout seul, on craignait un peu de ne pas retrouver les subtiles combinaisons (avec des apports électroniques ou bien avec d’autres instruments) qui font la réussite de Far Islands And Near Places. Mais, en fait, Sirjacq mit suffisamment de variété dans son jeu pour réussir à captiver son auditoire même dans cette configuration-ci. De fait, les premiers morceaux, principalement extraits des albums La Chambre claire et Piano Memories virent le jeune homme agir dans une tradition très classique : arpèges à la main gauche, notes plus détachées et aigues à la main droite avec parfois cette dernière qui vint croiser l’autre pour aller chercher la mélodie dans les graves.

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Le velouté de son toucher se trouvait également renforcé par le fait qu’assez souvent, Quentin Sirjacq positionnait ses mains très loin sur les touches blanches, jouant entre les touches noires et les effleurant presque, les enfonçant à peine. Le Français savait aussi délaisser cette technique pour une attaque plus profonde et sonore, voire grondante, ou bien pour des passages où il plaquait plus rageusement ses accords. À ce titre, on put relever une posture peut-être un peu trop uniforme du musicien, sans réel changement d’attitude (hormis ce jeu de mains) selon que sa musique aille vers l’émouvant ou le fiévreux.

Qu’importe, en vérité, puisqu’on n’était pas là pour assister à une démonstration ostentatoire mais plutôt pour goûter des titres parfois touchants (Memory 3) ou à d’autres moments davantage tournés vers une forme de jazz, avec un flow caractéristique, des tonalités mineures et un changement de ton pour la dernière reprise du thème principal (Aquarius). Regroupés dans la seconde moitié de son concert, les titres de Far Islands And Near Places ne souffrirent donc pas de leur dénuement, bénéficiant même de la qualité d’écoute et de concentration d’un public tout aussi séduit que nous le fûmes.

François Bousquet
le 20/09/2016

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