Il faut beaucoup aimer les Hommes

 auteur

Marie Darrieusecq

 metteur en scène

Céleste Germe

 date

du 15/09/2016 au 08/10/2016

 salle

Théâtre Ouvert,
Paris

 appréciation
 tags

Marie Darrieusecq / Théâtre Ouvert

 liens

Théâtre Ouvert

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Dans ce qui est devenu, sinon un passage obligé de tout metteur en scène, du moins la marque d’une certaine tendance, place à présent à la mise en théâtre d’Il faut beaucoup aimer les hommes, roman publié par Marie Darrieusecq à la rentrée 2013. Solange rencontre Kouhouesso lors d’une soirée à Los Angeles, elle est magnétisée par cet homme d’origine camerounaise qui souhaite adapter au cinéma Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad. Leur histoire débute ainsi, avant de prendre des détours moins idylliques lorsqu’il s’agira de se rendre effectivement en Afrique pour tourner le film.

De cet ouvrage sur l’altérité, le collectif Das Plateau fait un spectacle mettant aux prises uniquement les deux personnages principaux, mais surtout Solange en vérité, présente du début à la fin, portant la voix off, narrant l’histoire à la troisième ou à la première personne du singulier. De ce fait, alors qu’on s’attendait à un texte davantage marqué par le féminisme, on en ressort avec l’impression que le personnage masculin est trop vénéré et qu’il éblouit trop facilement Solange, avec ses connaissances littéraires qu’elle n’a pas et sa manière amoureuse de dépeindre l’Afrique. Dans ce contexte, on ne put également s’empêcher de trouver Solange un rien naïve, voyant arriver l’issue de leur histoire bien avant elle.

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Passant du temps à attendre Kouhouesso (qui va de réunions en repérages), la Française souffre de cette absence : elle l’attend, il est absent ; et même quand il est présent, il est absent. Au total, la réalité même de l’existence de Kouhouesso se pose : ne serait-il pas qu’une projection fantasmée, à l’image de cette Afrique fantasmée que Solange imagine en l’écoutant ? Cette lecture et cet aspect légèrement irréel trouvent des points d’ancrage, d’une part, dans certains passages du texte de Marie Darrieusecq qui pourraient remettre en cause la véracité de ce récit (« Elle frotte ce souvenir contre sa mémoire ») et, d’autre part, par le travail de Céleste Germe. La metteuse en scène fait ainsi débuter le spectacle par cinq bonnes minutes dans lesquelles la silhouette de Solange se détache dans des rais de lumière dirigés vers le public, avançant progressivement au milieu des faisceaux colorés, comme pour transporter les spectateurs, noyés dans les nappes de synthé, dans ce qui pourrait être une fable.

Dans le même esprit, les choix de mise en scène frisent parfois le maniérisme, voulant trop en faire, sollicitant trop d’adjuvants qui, à force, finissent par s’annihiler mutuellement : la musique couvrant la voix off, les projections lumineuses empêchant de correctement voir les vidéos tournées en Afrique, etc… Demeurent malgré tout une très belle interprétation de Maëlys Ricordeau et Cyril Gueï, la première très souvent dans l’émotion (son quasi-monologue final qu’elle clôt en larmes) et le second davantage minéral, et une langue qui sait convoquer un savoir-faire assez classique et des accents plus novateurs.

Autres dates :
- 18 novembre 2016 : Pôle Culturel - Alfortville
- 26 novembre 2016 : Ferme du Buisson - Noisiel
- du 6 au 14 décembre 2016 : Comédie - Reims
- du 4 au 7 janvier 2017 : Centre Dramatique National - Orléans
- 13 avril 2017 : Espaces Pluriels - Pau
- 25 avril 2017 : Festival Terres de Paroles

François Bousquet
le 04/10/2016

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