Sin Fang

Spaceland

(Morr Music / La Baleine)

 date de sortie

16/09/2016

 genre

Rock

 style

Electro / Pop

 appréciation

 tags

Electro / Morr Music / Pop / Sin Fang

 liens

Morr Music
Sin Fang

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L’absence du traditionnel album publié en année impaire de Sin Fang laissait imaginer que l’Islandais avait pris davantage de temps que d’ordinaire pour composer ce nouveau long-format, d’autant plus que Seabear non plus n’a rien sortie dans l’intervalle. Et, de fait, ces trois années ont permis à Sindri Már Sigfússon de peaufiner ce Spaceland, enregistré entre Reykjavik et Los Angeles, avec l’aide de plusieurs invités prestigieux, tous issus de cette scène islandaise : Jónsi (de Sigur Rós), Sóley ou Jófríður Ákadóttir (de Pascal Pinon).

Sur le plan musical, Sin Fang pousse encore plus loin l’évolution déjà constatée sur Flowers puisqu’après être passé d’un folk bien troussé à une pop enlevée, il opte cette fois-ci pour quelque chose de quasi-électro-pop, aux beats plus marqués, aux inflexions vocales pas si éloignées du r’n’b et à la production nettement plus visible (auto-tune, rythmiques, multiples apports vocaux et instrumentaux). Il en résulte neuf morceaux à l’efficacité assez immédiate, mais forçant leur nature, tombant alors dans une grandiloquence tapageuse (I Want You To Know, Branch).

Même Sóley, qu’on sait d’ordinaire sombre et minimaliste, participe, presqu’à son corps défendant, à cette débauche en posant sa voix sur les calmes couplets de Never Let Me Go avant que Sindri Már Sigfússon n’envoie du lourd sur les refrains. Constat assez voisin avec Jófríður Ákadóttir qui intervient sur le caudal Down qui pourrait être intéressant sans tous ses ajouts lourdaux.

S’il ne s’agit pas d’interdire à un artiste, par principe, d’explorer un nouveau champ musical, on n’était pas non plus spécialement pressé d’entendre Sin Fang se diriger vers les rivages déjà arpentés par des dizaines de chanteurs mainstream sur les radios dites musicales. Nous n’étions, effectivement, pas trop impatients d’entendre cette mise en avant d’une voix féminine sur des refrains boursouflés (Please Don’t), cet usage intensif des traitements sur sa voix ou cette sur-production d’autant plus surprenante qu’elle n’est l’œuvre de personne d’autre que de Sindri Már Sigfússon lui-même.

François Bousquet
le 19/10/2016

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