Dakota Suite | Vampillia

The Sea Is Never Full

(Karaoke Kalk / La Baleine)

 date de sortie

23/09/2016

 genre

Rock

 style

Post-Rock / Acoustique

 appréciation

 tags

Acoustique / Dakota Suite / Karaoke Kalk / Post-Rock

 liens

Dakota Suite
Karaoke Kalk

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Enchaînant, avec bonheur, les collaborations, Dakota Suite s’est, cette fois-ci, associé avec les Japonais de Vampillia, groupe avec lequel ils ont partagé plusieurs dates lors d’une tournée nippone de la formation britannique. Passé le trauma du tsunami de Fukushima, les deux groupes ont échangé et décidé de composer, à titre de catharsis, quelques morceaux, regroupés sous le titre, évidemment lourd de sens, de The Sea Is Never Full. Les riches instrumentations (Vampillia compte de nombreux membres, opère avec deux batteurs et sollicite même le rekukkara, une technique ancestrale de chant partant de la gorge) furent ensuite retravaillées par Chris Hooson et découpées en deux parties distinctes (tels les deux côtés d’une terre après un séisme) qui forment les deux faces de la parution en vinyle. Pour la version CD, deux autres pistes sont livrées par les musiciens, permettant d’explorer plus avant cette collaboration.

De manière assez surprenante, la rencontre entre les deux univers de Dakota Suite et Vampillia se traduit par quelque chose de plutôt convaincant alors que, de prime abord, le folk sombre des Anglais et la musique pas si éloignée du black metal des Japonais n’avaient pas forcément grand-chose à voir ensemble. Cependant, il faut aussi relever que ces derniers ont l’habitude de travailler avec des artistes un peu éloignés de leur sphère musicale, puisqu’ils ont pu œuvrer avec Nadja ou World’s End Girlfriend (pour s’en tenir aux formations connues de ces pages). Comme souvent dans pareille occasion, plutôt que de confronter leurs styles musicaux, il s’agit plutôt d’essayer de se retrouver au milieu du gué, dans un entre-deux qui peut toutefois s’avérer parfois un rien bancal.

C’est notamment le cas quand les musiciens font le choix d’enchaîner, sans transition ni phase d’adaptation, des mouvements très différents les uns des autres. Ainsi, à un passage néo-classique avec force cordes peut succéder un temps plus expérimental dans lequel la voix d’un des membres de Vampillia survient. Alors, naturellement, il peut difficilement en être autrement compte tenu à la fois de la manière dont l’album a été composé et de la manière dont il se compose, avec ces deux longues plages de dix-huit et vingt-sept minutes. En outre, cette réserve doit être tempérée car limitée aux débuts de chacun de ces deux morceaux, comme s’il fallait un temps pour que tout se mette en place et ne se déploie avec plus de longueur et de cohérence, tel ce dialogue entre violon et traits de guitare électrique sur The Sea Is Never Full (Part 2), dialogue renversé (comme peut l’être une table) par l’arrivée des cris de gorge dans les cinq dernières minutes. De surcroît, sur les deux derniers morceaux (inférieurs aux neuf minutes), la progression se fait plus linéaire, finissant de nous convaincre de la pertinence de la rencontre entre Dakota Suite et Vampillia.

François Bousquet
le 28/11/2016

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