Transient Festival 2016 : TRDLX / Pierce Warnecke / Annabelle Playe

 date du concert

02/11/2016

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

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Instants Chavirés / Pierce Warnecke / TRDLX

 liens

Instants Chavirés
TRDLX
Pierce Warnecke

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Après une première édition que nous avions largement saluée, nous ne nous étions pas rendu, l’an passé, au Transient Festival. La profusion d’artistes programmés et un attrait un peu moindre des propositions musicales avaient motivé ce choix, justifications qui peuvent également être avancées cette année, pour expliquer que seule la première soirée de ce festival, maintenant étendu sur quatre jours, sera relatée ici. Comme en 2015, c’est aux Instants Chavirés que se déroule l’ouverture du Transient Festival, pour un plateau naturellement plus expérimental que les deux grandes soirées du vendredi et du samedi soirs.

Comme à chaque édition du festival, les Français de TRDLX sont conviés, en leur qualité de musiciens signés sur le label des organisateurs de la manifestation. Pour débuter et affirmer le caractère mixte (sonore et visuel) du Transient Festival, les Français se sont installés derrière un grand écran qui occupait toute la largeur de la scène. Musicalement, le premier tiers se fit très dense, avec de nombreuses basses et une forte compacité. Par la suite, des explosions apparurent et des textures plus identifiables se firent jour, formant quelque chose de moins homogène, conduisant petit à petit vers un superbe dernier morceau dans lequel la saturation se fit progressivement, tandis que les couches s’empilèrent. Connectés aux sons générés par Boris Haladjian et Thibault Csukonyi, les visuels de Sébastien Palluel se concentrèrent, tout d’abord, sur un magma assez statique, puis des sortes d’explosions solaires, avant de finir sur des constellations étoilées et saturées.

Après cette bonne entrée en matière, on retrouva Pierce Warnecke, dans la foulée de son album paru en mai dernier sur Room40, accompagné de Yair Elazar Glotman qui jouait de la contrebasse sur ce Memory Fragments mais était, ici, dévolu aux vidéos. Assez fracturée, la mise en place de leur set se fit assez lente, relayée par les dégagements d’une machine à fumée ; puis, l’ensemble se fit un peu plus lumineux avec quelques notes détachées et claires, quelques crépitements électroniques et des touches harmoniques. Assez étonnamment, Elazar Glotman actionna alors un stroboscope, aux habituels résultats (sensation de se mouvoir au ralenti, difficulté des yeux à accommoder, mais aussi effet entraînant et euphorisant). Le reste de The Mirror And The Mask (nom de cette performance) se situa davantage dans cette tonalité, avec des rythmiques compressées et des impressions plus éclaircies, montrant probablement moins d’évolution mais assurément la volonté de creuser le même style. Sur l’écran, devant lequel les deux artistes étaient installés, debout au pied de la scène et derrière leurs machines posées sur des tables, des objets étranges apparaissaient, parfois semblables à des portions de chair modelées.

Pour terminer la soirée, on fit la découverte d’Annabelle Playe, opérant aux côtés du vidéaste Philippe Fontes, tous deux face à face devant des tables sur lesquelles trônaient leurs machines à nouveau au pied de la scène. Fontes était chargé d’un mini-rétro-projecteur, éclairé par une petite lampe qui lui permettait de jouer sur les spectres noir et blanc de la lumière, ou ses effets de halo. Sur le plan musical, Playe commença par une grosse déflagration, afin de poser d’emblée le propos d’une prestation où le volume sonore ne redescendit presque pas. Des larsens, des saturations, des tripotages de prises de câbles furent ensuite introduits, bref autant d’éléments pas forcément raccords avec le parcours plus « musique contemporaine » que retrace la biographie de la jeune femme, mais en revanche tout à fait cohérents avec l’atmosphère générale de ce plateau.

François Bousquet
le 10/11/2016

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