Supersilent

13

(Smalltown Supersound / La Baleine)

 date de sortie

30/09/2016

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

Arve Henriksen / Deathprod / Expérimental / Smalltown Supersound / Supersilent

 liens

Supersilent
Arve Henriksen
Smalltown Supersound
Deathprod

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Plusieurs fois recensés pour leurs concerts (avant le départ de Jarle Vespestad, qui officiait à la batterie jusqu’en 2009, ou bien depuis), les Norvégiens de Supersilent n’avaient jamais été chroniqués ici pour un disque. 13 (soit, évidemment, le treizième effort du groupe) se trouve donc être notre première véritable appréhension de la formation sur disque (à l’occasion de leur arrivée sur Smalltown Supersound après près de vingt ans sur Rune Grammofon), même si nous avions déjà eu l’occasion d’écouter certains de leurs morceaux enregistrés. De toute façon, la transition entre live et disque se fait sans trop de difficultés puisque ce nouveau long-format a été enregistré dans des conditions proches de celles des concerts, soit la superposition d’interventions des trois musiciens : machines pour Helge Sten et Ståle Storløkken, trompette pour Arve Henriksen et nombre de samples et d’emprunts extérieurs pour les trois.

L’absence de batteur attitré a, naturellement, conduit Supersilent à s’extraire de ses racines jazz à proprement parler, pour s’orienter vers quelque chose d’encore plus expérimental, avec plus de pulsations synthétiques ou bien des morceaux arythmiques, uniquement constitués de nappes empilées (13.2). L’ensemble peut alors prendre des directions soit assez enveloppantes (quand de la musique traditionnelle indonésienne est incorporée sur 13.1), soit franchement plus malaisantes (lorsque les triturations s’apparentent à des larsens dans 13.3). Si la trompette d’Arve Henriksen se fait bien souvent difficile à identifier (sauf sur les deux minutes du bref 13.6), les claviers de Stale Storløkken sont, pour leur part, nettement plus présents, plaquant des accords à la manière d’un orgue, majestueux et sentencieux (13.5). Le contraste entre ces interventions et celles, plus fragmentées, de l’électronique et des rythmiques crée alors une forme de dissonance certes pas forcément agréable à l’oreille, mais diablement stimulante.

Pour en revenir au parallèle avec les prestations scéniques du trio, deux longs morceaux, dépassant les douze minutes et trente secondes sont proposés sur 13. Tandis qu’on aurait pu s’attendre à une montée en puissance progressive, les Norvégiens préfèrent opter pour une attaque d’emblée, avec force saturations, compressions et distorsions. Les « cris électroniques », déflagrations et autres poussées pas loin d’être insupportables se succèdent alors, dans des développements qui prennent probablement davantage corps sur scène, permettant de profiter de l’implication physique des trois musiciens.

François Bousquet
le 06/11/2016

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