Sideways Rain

 chorégraphe

Guilherme Botelho

 date

du 03/11/2016 au 10/11/2016

 salle

Théâtre Monfort,
Paris

 appréciation
 tags

Guilherme Botelho / Théâtre Monfort

 liens

Théâtre Monfort

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En allant voir Sideways Rain, nouvelle création de Guilherme Botelho, nous ne nous attendions probablement pas à retrouver autant de caractéristiques communes avec Jetuilnousvousils, précédente chorégraphie du Brésilien, vue il y a quatre saisons. Même volonté de faire réaliser à ses danseurs les mêmes gestes, même moment où l’un d’entre eux se désolidarise du mouvement commun, même veine zoomorphique dans certains des déplacements des interprètes, même présence de musique électronique (A.p.p.a.r.t. à l’époque, Murcof cette fois-ci) et même déshabillage des danseurs dans le final. Pour autant, Sideways Rain ne saurait s’analyser comme une redite de Jetuilnousvousils, mais plutôt comme une nouvelle variation sur des motifs similaires, mais avec un procédé formel encore plus affirmé.

En effet, pendant toute la représentation, la quinzaine de danseurs va traverser le plateau dans la largeur, de jardin à cour, en ligne droite, expérimentant toutes les formes de déplacement imaginables : marche debout, mise en boule, marche à quatre pattes, course, roulement sur soi-même, succession de micro-chutes, pas chassés, etc... Cette avancée sans fin se recommence sans cesse puisque chacun fait vite le tour derrière la scène pour revenir à jardin et repartir, quelquefois dans un tempo différent de celui des autres. Plus encore il arrive que, tel un saumon égaré, l’un d’eux s’arrête et remonte à contre-courant, tentant même d’interpeller les autres ou de les stopper, exercice vain tellement le flot s’avère dense (danse ?).

Ces déplacements en ligne droite donnent également l’impression que les interprètes évoluent sur un tapis roulant, surtout qu’ils ne décollent que très peu les pieds du sol ou font des sortes de moonwalk en marchant en arrière. Le nombre d’intervenants et le caractère itératif de leurs mouvements accroissent ce sentiment, comme si on ne savait plus très bien ce qu’on voyait, si ce n’est des personnes passant et repassant, dans une répétition du même quasi-vertigineuse. La lumière assez tamisée, qui sera encore abaissée vers la fin, se fait, pour sa part, presque rasante quand des fils sont tirés par les danseurs dans la largeur du plateau, délimitant des sortes de couloirs mais dessinant aussi des filtres masquant pour partie leurs corps. En accompagnement de ces gestes, la musique de Murcof, choisie par Botelho, ne se situe habilement pas dans une logique de surlignage des actions, ne calquant pas ses développements sur ceux de la chorégraphie. Suite de morceaux avec des montées en puissance progressive, poussées sonores, saturations et grésillements, il s’agit plutôt d’un habillage enveloppant, tout aussi convaincant que la proposition dans son ensemble.

François Bousquet
le 08/11/2016

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