Ghost Flute & Dice

Melody is God

(Mastermind Records / Internet)

 date de sortie

17/02/2015

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Improvisation

 appréciation

 tags

Expérimental / Ghost Flute & Dice / Improvisation / Mastermind Records

 liens

Mastermind Records
Ghost Flute & Dice

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Aussi bien de par le nom que par la riche instrumentation de cet album, on croirait écouter ici une sorte de combo jazz alors qu’en réalité Ghost Flute & Dice est le projet d’un seul homme, le danois Mikkel Almholt. Avant tout pianiste, il a d’abord composé seul les mélodies de cet album avant de rechercher les musiciens qui allaient l’accompagner, à savoir Danielle Dahl au saxophone, Maria Diekmann au violon et Trine Odsgaard Nielsen au "chant". La première surprise de cet album, et l’élément qui fait le lien avec quelques unes de nos chroniques, c’est le mixage qui est assuré par Thomas Knak, le Danois qui se produisait un temps sous le nom de Opiate, ou encore Opto en collaboration avec Carsten Nicolaï.

L’album s’ouvre sur un piano chaotique, un peu surprenant alors le titre du disque met l’accent sur la mélodie. C’est finalement le violon qui l’emporte, triste et grinçant avant de crouler sous une cascade de notes de piano aléatoires. Ce Sharp Minor est construit sur une succession de délicatesse et de brutalité lorsque le clavier se fait rapide, franc et puissant alors que les cordes grinçantes lui apporte une teinte rock.
On découvre encore tout juste Ghost Flute & Dice, aussi on est assez surpris par le changement d’approche opéré sur Chroma. Flottements de cuivres, grondements et souffles sourds, improvisation de piano chaotique, concassée. Encore plus ici la mélodie est discrète, ou subtile, latente, souvent en arrière plan, dans les cuivres alors que le clavier devient erratique. Essentiellement acoustique, la musique de Mikkel Almholt prend un virage électronique sur le final de ce Chroma avec une grosse texture bruitiste, une tempête numérique qui emporte tout sur son passage.

Même s’il dure 5 bonnes minutes, on considérera White comme un interlude. Il se démarque par sa douceur et sa simplicité, piano solo, succession de montées et descentes de gammes et ce qui semble être des grincements de frein de métro. Apaisement qui s’oppose à la nouvelle avalanche de notes de piano d’un autre interlude, Audrey At The Mammoth, qui prend l’auditeur de court...
On terminera par les deux titres les plus mélodiques, qui sont aussi ceux qui nous ont donné envie de parler de ce disque. Phrygian emportera notre préférence avec encore une fois une construction en deux parties. D’abord un piano dur, sec, des accords lourds, puis des petits grésillements évoquant une glitch music. Dans un second temps, après un quasi silence, on poursuit avec un jeu pointilliste, alternant entre cordes pincées et accords de piano. Joli et fin.
Ce n’est que sur Flat Minor que le chant fait son apparition, en réalité de simples vocalises qui portent le morceau. On y retrouve la finesse de Phrygian avec un piano à la fois chaotique et pointilliste, qui apparaît par petites touches sur des voix de plus en plus feutrées.

C’est très beau, mais c’est l’album dans son ensemble qui séduit par sa richesse, sa variété de ton, entre abstraction et mélodies touchantes.

Deux ans avant cet album, Ghost Flute & Dice se produisait en live avec un set qui ressemble fort à un avant-gout de ce qui allait devenir ce Melody is God :

Fabrice ALLARD
le 25/11/2016