Arovane

 date du concert

21/10/2004

 salle

Stuk,
Louvain

 tags

Arovane / Stuk

 liens

Arovane
Stuk

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La musique est un voyage. Voyage au sens propre tout d’abord, une heure de route sous une pluie battante pour rejoindre le Stuk, élégant centre culturel louvaniste un peu froid, proposant une programmation variée et de qualité. On pénètre dans le Studio, la salle du dernier étage recouverte de parquet, juste après le début du concert. Disposition originale : plusieurs rangées de banquettes, poufs et coussins de sol, qui nous rappellent un peu le défunt Métafort d’Aubervilliers, entourent une grande table sur laquelle Uwe Zahn officie derrière son laptop et son séquenceur. Grand et mince, habillé de sombre, il dégage une classe certaine.

Voyage au sens figuré ensuite, celui dans lequel nous entraînera la prestation de l’allemand. Une prestation qui se rapproche plus de celle qu’il nous avait offerte à Bruxelles en mai dernier, lors de la soirée Minerva, que de son set aux Siestes électroniques toulousaines de juillet, plus calme, très proche de son dernier album Lilies. Nous prenons le train en route et embarquons sans difficulté à son bord. Craquements, glissades, martèlements, lignes mélodiques tantôt discrètes, tantôt prédominantes se succèdent. On croirait entendre des bruits de pas dans la pluie, suivis d’un moteur qui démarre, et c’est reparti de plus belle. La vitesse s’accélère, les structures se densifient, les couches se superposent, puis d’un coup c’est le calme, une décélération nous fait comprendre que le foisonnement d’idées l’oblige à ralentir quelque peu son propos. Ce qui marque dans sa prestation, construite en une longue pièce unique évolutive, c’est l’extrême finesse du matériau. Il semble que rien ne soit laissé au hasard, le set étant gouverné par une précision d’orfèvre.

Bien qu’empreintes d’une relative froideur, les juxtapositions sonores d’Arovane ne peuvent laisser insensible et permettent un déplacement sensoriel permanent, sans la moindre agressivité et sans développements superflus ou rébarbatifs. Aux passages relâchés et détendus, où seul un motif mélodique ou une nappe sourde occupent l’espace, font écho des rythmiques en clicks’n’cuts d’une grande élégance perclues de grincements et élongations diverses. Au final, une excursion très convaincante et prenante, dont seule la brièveté pourra être déplorée.

Gilles Genicot
le 22/10/2004

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