Prix Marcel Duchamp 2016

 date

du 12/10/2016 au 30/01/2017

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Kader Attia / Ulla Von Brandenburg

 liens

Centre Pompidou

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L’exposition personnelle de Melik Ohanian, vue dans l’une des salles du Musée l’été dernier aura donc été la dernière dévolue au lauréat du Prix Marcel Duchamp puisqu’à présent, la présentation des quatre finalistes et l’exposition offerte au Centre Pompidou sont unifiées pour ne former plus qu’une seule monstration. C’est ainsi que, sur trois mois et demi, la Galerie 4 (l’ancien Espace 315 à la surface doublée) accueille dorénavant cette exposition collective (un peu pompeusement, et dans la tradition des communiqués du Centre Pompidou, annoncée comme « la première (…) des artistes nommés » alors que des institutions de province avaient déjà pu en faire de même les années précédentes). Sur le plan plastique, il est toujours peu aisé de voir se confronter de la sorte quatre artistes qui n’ont rien en commun (sauf d’être sélectionnés pour le Prix et d’être vaguement de la même génération puisque nés entre 1967 et 1974) et le programme de salle tente de les rapprocher en évoquant « une expérience cathartique face aux enjeux anthropologiques et politiques contemporains » (soit un discours qu’il est possible de plaquer sur ¾ des expositions collectives environ).

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Barthélémy Toguo - Vaincre le Virus
(courtesy Centre Pompidou)

Dans le premier espace, c’est vers l’Afrique que les regards se tournent puisque Barthélémy Toguo dessine sur des vases monumentaux venus de Chine des formes renvoyant aux épidémies de sida et d’Ebola qui frappent le continent. Sur une table, des modélisations 3D des cellules infectées permettent de confronter savoir-faire ancestral et technologie de pointe, au service d’un propos politique et porteur de sens. Pour Yto Barrada, c’est la figure de Thérèse Rivière, ethnologue française de l’entre-deux guerres ayant opéré sur ce même continent, qui s’avère centrale. Une installation composite (fragments sonores, diapositives, dessins) tente de faire revivre cette personnalité en figurant sa chambre, mais l’ensemble a du mal à prendre, probablement trop éclaté et pas suffisamment empathique.

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Ulla Von Brandenburg - It Has A Golden Sun And An Elderly Grey Moon
(courtesy Galerie Art : Concept)

La seconde salle est principalement occupée par la sculpture d’Ulla Von Brandenburg, nouvelle variation de ses créations en rapport avec le spectacle (on se souvient de ses rideaux séquençant le parcours de sa monographie au Plateau en 2009, ou bien de son intervention au Palais de Tokyo où elle avait peint façon manteau d’Arlequin l’un des espaces). Suite de marches dont la plus haute compose un podium, It Has A Golden Sun And An Elderly Grey Moon se révèle être aussi blanc que les tissus des performeurs qui l’ont arpentée sont colorés. Belle occupation de l’espace, ce projet perd pourtant de la force quand nous devons nous contenter, comme ce fut notre cas, de la vision filmique de ces performances humaines. Enfin, c’est grâce à une vidéo que Kader Attia reçut le Prix Marcel Duchamp (dont on se dit qu’il récompensa certainement davantage son parcours que l’œuvre ici montrée), film attaché au phénomène du « membre fantôme ». Réfléchir la mémoire documente ainsi cette sensation que le membre perdu (lors d’un accident, d’une opération…) est toujours là : témoignages, explications physiologiques et psychologiques sont alors convoqués pour tenter de percer ce mystère, travail indiscutablement plus scientifique que plastique.

François Bousquet
le 19/12/2016

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