Liz Magor : The Blue One Comes In Black

 date

du 09/09/2016 au 18/12/2016

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Liz Magor

 liens

Crédac

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Mine de rien, au fil des saisons, le Crédac tend à dessiner une ligne programmatrice qu’on pourrait rapidement définir comme attachée à des créatrices féminines, avides de travailler dans des formes peu chargées et par des propositions tirées du quotidien (le leur ou celui d’autres). C’est ainsi qu’après Lara Almarcegui, Delphine Coindet, Caecilia Tripp ou Ana Jotta (et avant Lola Gonzàlez et Nina Canell), c’est au tour de Liz Magor de faire l’objet d’une monographie dans le centre d’art ivryen.

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Alberta / Quebec et Phœnix
(courtesy Catriona Jeffries Gallery, Vancouver et Marcelle Alix, Paris)

Totalement inconnue de notre part, l’artiste canadienne s’inscrit, à sa manière, dans la lignée décrite à grands traits précédemment en partant d’objets banals qu’elle réinterprète par des moulages ou des recréations en polymère. Il en va de la sorte pour de vieilles couvertures, récupérées chez des particuliers, nettoyées et mises au pressing. Encore serties de leur housse de teinturier, ces plaids ont également été reprisés par la plasticienne soit au fil, soit à l’aide de gypse polymérisé. Ainsi statufiées et libérées de l’épreuve du temps, les couvertures accèdent à une forme d’immortalité, comme le font aussi les moulages de boîtes en carton qui ponctuent le parcours. Servant de réceptacle à des objets divers (pantin, gant, ours en peluche), ces reproductions simulent parfaitement la réalité mais font, en même temps, montre d’une anormale solidité.

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Sweet Airs
(courtesy Marcelle Alix, Paris)

Peut-être marquée par un trop grand ascétisme, l’exposition de Liz Magor sait néanmoins jouer, par ces mécanismes, sur l’ambiguïté et la polysémie de ces créations. Sans aller jusqu’à anoblir toutes ses matières premières, l’apposition de pigments métalliques sur les trous d’une couverture (Hudson’s Bay Double) ou sur un carton déplié (Sweet Airs) permet de les faire changer de registre : le plaid se fait tableau et le carton paravent. Si le regard du visiteur n’est pas réellement surpris, on appréciera toutefois, remarque récurrente au sortir du Crédac, le fait d’avoir découvert une nouvelle personnalité.

François Bousquet
le 15/12/2016

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