Isan

Glass Bird Movement

(Morr Music / La Baleine)

 date de sortie

14/10/2016

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Electronica / Isan / Morr Music / Robin Saville

 liens

Isan
Morr Music
Robin Saville

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Dans un contexte où Morr Music semble de plus en plus se tourner vers des artistes pop, ou folk, apprendre qu’Isan y sort un nouvel album s’avère particulièrement réjouissant ; d’une part, cela permet au label allemand de renouer avec ses origines (et probablement l’époque que nous préférons de cette structure) et, d’autre part (et surtout), parce que le duo anglais demeure l’un des nos favoris dans la sphère electronica. De fait, les années passant, et faisant office de tamis, Isan reste d’une belle constance et leurs albums font partie de ceux vers lesquels on se tourne spontanément lorsqu’il s’agit de diriger des novices vers une porte d’entrée de ce style musical. Six ans ayant passé depuis Glow In The Dark Safari Set (certainement l’un des disques des Britanniques qu’on n’a pas forcément réécouté) et c’est donc avec une belle excitation qu’on entreprend l’écoute de Glass Bird Movement.

Autant arrêter tout suspense immédiatement : on tient là une franche et belle réussite, qu’on placera au niveau de Salamander et Meet Next Life (les deux albums qu’on dispose au sommet de la discographie d’Isan). Mélodiquement, la science et le talent d’Antony Ryan et Robin Saville sont toujours aussi probants tandis que, sur le plan des sonorités utilisées, la finesse et le charme (voire une douce mélancolie) continuent d’apparaître comme d’indubitables points forts. Les petites rythmiques sont tout aussi subtiles et les atmosphères reviennent à des formes oniriques et délicates, laissant de côté les aspects plus vintage qu’ils avaient pu développer précédemment. Et, de toute façon, même lorsque les pulsations peuvent apparaître comme un peu simplistes et basiques, la ligne mélodique entraîne le morceau vers des rivages plus aventureux (Napier Deltic), en tout cas moins classiques que les colorations enfantines de Slow Rings.

C’est précisément sur le plan rythmique qu’on ira trouver quelques petites nouveautés, avec un titre comme Rattling Downhill dans lequel Ryan et Saville vont opter pour une polyrythmie assez peu fréquente chez eux. Même impression d’entendre pour la première fois des composantes avec le long Risefallasleep qui, pendant six minutes, va déployer des éléments vaporeux tout en retenue, comme filtrés et adoucis. Bref, et c’est une formule que nous aimons bien utiliser pour résumer notre enthousiasme à propos d’un album : Glass Bird Movement se présente à la fois comme une capitalisation sur de solides acquis et une exploration de quelques nouveaux territoires tout aussi emballants.

François Bousquet
le 28/12/2016

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