Yui Onodera

Sinkai

(Arctic Tone / Import)

 date de sortie

16/04/2015

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental

 appréciation

 tags

Ambient / Arctic Tone / Expérimental / Yui Onodera

 liens

Yui Onodera
Arctic Tone

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Yui Onodera fait l’objet de chroniques régulières sur ces pages, mais on l’associait principalement à une ambient minimale, finalement assez proche de Celer avec qui il a collaboré. Si ce rapprochement est plutôt juste sur l’album Entropy (publié chez Trumn en 2009) il est aussi un peu restrictif et Sinkai est là pour nous le rappeler.

Avec ce nouvel album, Yui Onodera nous propose une ambient plutôt riche, avec une base classique de nappes, longs accords, sur lesquels viennent se poser une multitude de sonorités, entre bruitages et pulsations rythmiques qui nous font parfois basculer vers une électro downtempo, toujours chaleureuse, parfois proche du dub.
C’est donc avec surprise et plaisir que l’on (re)découvre ce style avec Sigure, morceau d’ouverture marqué par des nappes ambient, bouillonnements aquatiques et coups sourds qui nous font l’impression d’être coincé sous la surface d’un lac gelé, illustrant directement la pochette du disque. Cette approche est déclinée à plusieurs reprises, tout en donnant des morceaux très différents. Si la thématique est la même, l’approche rythmique diffère complètement sur Syakkei, un titre par ailleurs beaucoup plus lumineux. Plus loin on trouve Akatsuki, une variante aérienne portée par des chœurs rythmiques, puis Sinkai dont on appréciera la base en forme de drone particulièrement sombre sur lequel viennent se poser field recordings et clapotis rythmiques.

Les 4 autres titres abordent d’autres styles, tout en partageant un même univers sonore que précédemment. Sur Mon l’ambiance est nettement plus anxiogène et mystérieuse, notamment marquée par des coups abstraits et bruitages (souffles, chuintements) aux connotations industrielles. On se balade dans une usine désaffectée qui nous amène à Matou et sa rythmique binaire, une techno feutrée toujours marquée par une ambiance industrielle.
Sur les deux derniers morceaux, Yui Onodera prend un parti assez radical en optant pour une ambient des plus classiques, voire minimale sur Kasumi qui nous rappelle justement son travail avec Celer. Belles nappes, assez denses, feutrées et répétitives. Kaori est un peu plus classique, moins radical puisque les nappes sont ici rejointes par quelques chœurs et frétillements métalliques.

Malgré sa richesse, la relative variété des styles, Sinkai reste un album ambient, mais d’une belle ambient, qui sait surprendre et se renouveler.

Fabrice ALLARD
le 24/12/2016

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