Andrew Pekler

Tristes Tropiques

(Faitiche / Import)

 date de sortie

04/11/2016

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Field Recordings

 appréciation

 tags

Andrew Pekler / Expérimental / Faitiche / Field Recordings

 liens

Andrew Pekler
Faitiche

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Musique électro-jazzy pour son concert du Batofar en 2002, recherches électro-acoustiques contemporaines pour un album publié chez Staubgold en 2005 et un concert au Stuk en 2006 : les recensions des travaux d’Andrew Pekler sur ces pages ont déjà permis de constater que celui qui habite à présent à Berlin sait évoluer dans divers registres. Dix ans ont passé sans que Pekler soit à nouveau mentionné ici, et ce malgré une demi-douzaine de long-formats et une collaboration avec Giuseppe Ielasi. La publication d’un nouvel album sur Faitiche permet alors de refaire le point sur la carrière de l’intéressé, nouvel album dont le titre se veut évidemment programmatique.

De fait, on nous annonce une forme d’exotica synthétique, avec field recordings délibérément tournés vers des cultures premières, dans la lignée des travaux de Claude Lévi-Strauss, référence assumée. Par conséquent, on ne sera guère surpris de retrouver aussi bien des bruits de la nature (oiseaux, vents dans les arbres) que des percussions en bois du Malawi. Documentant ses différents voyages et rencontres, Andrew Pekler nous les restitue en parant ses enregistrements d’agréments électroniques, pour composer des morceaux à la durée idéale (souvent autour de trois minutes) puisqu’ils ne virent pas dans quelque chose de paresseusement illustratif.

Le Berlinois se dit également intrigué par l’homophonie entre certains sons rapportés de ses périples et tonalités plus classiquement électroniques ; et il est vrai que l’on se croirait parfois au milieu d’un concert de musique contemporaine minimaliste (A Savage Topography). Dans ce contexte, on est alors tenté de relier toute sonorité « réelle » à une sonorité « synthétique » (ou inversement), telles les nappes lumineuses de synthé de Theme From Tristes Tropiques / Avian Modulations / Life In The Canopy qu’on rapprocherait volontiers du soleil perçant les arbres après la pluie, les bulles sonores de Mirror Structures qui peuvent sonner comme un bouillonnement dans un lagon ou encore les parasités de Humidity Index / Khao Sok (Chopped And Screwed) qui s’apparentent aux crépitements d’un feu. Bref, les sens sont en permanence en éveil tout au long des trente-cinq minutes d’un disque qui s’écoute en laissant voyager son esprit.

François Bousquet
le 05/01/2017

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