Frank Bretschneider / Erik Minkkinen / Hervé Boghossian

 date du concert

17/10/2004

 salle

Confluences,
Paris

 tags

Confluences / Erik Minkkinen / Frank Bretschneider / Hervé Boghossian / Komet

 liens

Frank Bretschneider
Erik Minkkinen
Hervé Boghossian
Confluences

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Cela fait un petit moment que l’on était pas allé à Confluences puisque l’on n’avait fait aucun concert dans cette salle depuis la rentrée. On y revient pour la dernière soirée d’un petit festival tenant sur trois jours, organisé par Ars Longa, mêlant concerts et formations à des outils de composition et traitement temps réel.
Dernière soirée avec trois concerts, permettant d’apprécier les derniers travaux d’Hervé Boghossian, les expérimentations toujours aussi folles d’Erik Minkkinen, et les grooves carrés de Frank Bretschneider.

La soirée commencera avec Hervé Boghossian que l’on n’avait pas vu en concert depuis un petit moment. Et justement il s’est passé des choses depuis la sortie de rvb, sont album paru chez List, son propre label. En effet il fut suivi par Mouvements, sorti il y a quelques mois sur le prestigieux label Raster Noton, album que nous n’avions pas encore écouté au moment de ce concert.
Après quelques ennuis techniques, le concert débute avec une grosse nappe de guitare traitée en direct par le laptop. Assis derrière son ordinateur, il gratte frénétiquement sa guitare, produisant quelques accords aux variations mélodiques qui, une fois passés au travers de divers effets, ressortent sous forme de nappes granuleuses et métalliques. C’est très doux, très joli, on se laisse porter, mais le voyage sera sans cesse interrompu. En effet on regrettera qu’au lieu d’avoir un set continu, c’est une multitude de petits morceaux qui nous seront servis, à l’image de son album. Dommage car chaque morceau était très beau, mais à peine avait-on le temps de rentrer dedans qu’il prenait fin.

On passe ensuite à Erik Minkkinen qui commence à parler dans un micro d’une voix sombre, froide, et quasi-mécanique qui sur le coup nous fera penser à Kraftwerk, un lien qui pourtant nous étonnera. En même temps, voir Erik Minkkinen au micro était déjà quelque chose de surprenant, donc pourquoi pas...
La suite nous remettra vite dans la bonne direction. Equipé de deux laptops, il fera fuser des bruitages de toute sorte : ronronnements, crachotements, vrombissements, grésillements, déchirements numériques, utilisant de nouveau sa voix par moment, puis des sonorités un peu moins abruptes en fin de set, donnant même l’impression d’entendre les bruitages d’une partie de jeu vidéo (expérimental le jeu quand même !!).
Un concert d’environ 25 minutes parfaitement abstrait et construit à partir de micro-éléments superposés et mis bout à bout pour un mélange plutôt déconcertant.

Pour finir, Frank Bretschneider que l’on voyait au Batofar en début d’année sous le nom de Komet. Un nom différent, mais la musique reste assez proche. Minimalisme mathématique tant sonore que visuel puisque des projections, tout aussi minimales, sont parfaitement synchronisées à la musique. La salle est plongée dans le noir, écran en fond de scène et l’allemand placé devant celui-ci se retourne de temps à autre pour s’assurer que tout fonctionne correctement. Un début plutôt calme avec sifflements, souffles, et des micro-éléments électroniques comme des claquements et autres data errors qui viennent jouer le rôle de rythme. Tout doucement la tension monte, passant par divers étapes, notamment un passage donnant l’impression d’être dans un jardin avec des cris et caquetage d’oiseaux, pour finir par des éléments rythmiques plus classiques commençant à faire hocher quelques têtes, mais il coupera net à ce moment. Il enchaînera avec un deuxième morceau, dans la lignée de ce que l’on venait d’entendre : très groovy, et même technoïde après s’être aventuré de façon inattendue sur des mélodies aléatoires.
Un excellent concert, efficace, qui terminait globalement une très bonne soirée de clôture de ce festival.

Fabrice ALLARD
le 26/10/2004

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