Heroin in Tahiti

Sun And Violence

(Boring Machines / Import)

 date de sortie

04/04/2015

 genre

Electronique

 style

Krautrock / Psyché Rock

 appréciation

 tags

Boring Machines / Heroin in Tahiti / Krautrock / Psyché Rock

 liens

Boring Machines
Heroin in Tahiti

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Cela fait quelques années que l’on n’avait pas écouté Heroin in Tahiti, une formation que l’on avait pouvant beaucoup aimé en 2012 avec l’album Death Surf déjà publié chez Boring Machines. Dans notre chronique d’alors, on qualifiait la musique du duo italien de psychédélique tout en empruntant au western spaghetti. Si le psychédélisme est toujours une composante majeure de la musique de Heroin in Tahiti, on voyage cette fois vers des terres plus exotiques.

Sun And Violence... en écrivant ce titre, et alors que cela fait quelques jours que l’on baigne dans cet album, on réalise à quel point il illustre parfaitement cette musique qui incorpore régulièrement des éléments de musiques tribales, que ce soit des rythmiques ou des chants et cris guerriers. Le travail du duo italien, à l’image du label Boring Machines reste assez expérimental et certainement difficile à mettre entre toutes les oreilles puisqu’il tient tout autant de la composition classique que du collage sonore, avec bien sûr un format libre, des errances sonores qui peuvent s’étendre sur 10-12mn.
Salting Carthago illustre assez bien la chose avec son enchaînement assez régulier d’incantations plaintives, de martèlements mécaniques qui semblent imiter une cavalerie, de cris et d’envolées de guitares rock. Il se prolonge naturellement avec 500 Cells qui en reprend le format avec cette fois drone et chant d’insecte, percussion métallique sourde et des guitares plus influencées ici par la folk.

Ce qui peut perturber, c’est une relative hétérogénéité des titres qui vont puiser dans de multiples influences. Entre krautrock et musique de western pour Black Market qui se voit marqué par quelques glissements space rock, expérimentations électroniques vintages dignes de la BO d’un vieux film de SF avec Wireless Telegraphy Mirage, long trip ambient au moyen-orient sur Continuous Monument et comme on l’a déjà évoqué, des musiques tribales qui apparaissent régulièrement avec percussions, chants et incantations (Zatlath Aithas), ou encore spoken words et cris guerriers (Arena 2) croisant des mélodies d’orgues.
Si l’on ne devait retenir que deux titres, ce serait Spinalonga et Superdavoli, tous deux très différents. Le premier séduit par sa simplicité, sa douceur puisqu’il est principalement électronique, à base de boucles d’orgues, très répétitif, entêtant. Le second est plus proche de la tonalité générale de l’album : après une petite intro ambient anxiogène (cri, orage, porte qui claque), il trouve un bel équilibre entre circonvolutions de claviers vintages, de tournoiements psychédéliques, et d’une rage rock mêlant électronique, guitares nerveuses et cris.

Un très bel album et une musique atypique mais fidèle à l’image que l’on avait déjà pu se faire lors de la sortie de Death Surf.

Fabrice ALLARD
le 08/01/2017

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