Q#2017#1 : Grand 8 / Jules-Valentin

 date du concert

07/02/2017

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

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Trois ans après notre dernière venue pour une soirée « Q », nous reprenions le chemin de ces rendez-vous réguliers mis en place par les Instants Chavirés, attirés par les quelques morceaux entendus de Jules-Valentin, croisé notamment sur les pages du collectif XtetX. Avant son set, le duo Grand 8 était positionné presqu’au milieu de la salle, installé sur une table et accompagné de projections de court-métrages de Maya Deren, réalisatrice du milieu du XXe siècle. Tandis que Jean utilisait ses diverses machines et samples, Clément jouait de la trompette ; les cliquetis, glitchs et bribes sonores croisaient alors des interventions plus amples et aériennes dans un duo pas forcément évident a priori mais qui nous convainquit sans peine.

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Grand 8

Passant à la guimbarde sur le second morceau, Clément s’y fit moins pertinent, du fait des sons plus étouffés et moins riches. Moins de variété ressortit également de son instrument, en comparaison de sa trompette dont il n’hésitait pas à explorer plusieurs possibilités, telle cette expiration d’air dans le pavillon. Servant de soutien aux films muets et en noir et blanc de la réalisatrice, semblants de film noir, la musique des deux jeunes hommes y était très bien assortie, l’aspect un peu inquiétant de leur production faisant intelligemment écho au caractère particulier du montage des films de Deren.

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Jules-Valentin

La table de Grand 8 enlevée, Jules-Valentin se posta au pied de la scène, muni d’une guitare électrique et de plusieurs pédales d’effets disposée sur une table. Utilisant celles-ci pour générer des crépitations enveloppantes, l’étudiant en architecture sut assurément construire un bel édifice, parcouru de nappes issues de sa guitare jouée à l’archet (mais un archet inhabituellement positionné très haut sur le manche de son instrument). Cette belle ambient fut un peu perturbée par un souffle assez fort émanant des amplis, lequel était même proche de recouvrir celui délibérément mis en place par le Français, grâce à ses effets. Pour autant, même dans un registre où le jeune homme pourrait à l’évidence gagner en diversité, ce (court) concert s’avéra diablement prometteur et déjà concluant dans son alliage entre textures vibrantes ou granuleuses et colorations mélodiques.

François Bousquet
le 08/02/2017