Thomas Huber : L’Imagination au Pouvoir

 date

du 10/02/2017 au 23/04/2017

 salle

HAB Galerie,
Nantes

 appréciation
 tags

Gabriel Orozco / HAB Galerie / Thomas Huber / Wim Delvoye

 liens

HAB Galerie

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Très présent dans les galeries et centres d’art français (quatre expositions personnelles, quasi-simultanées, en ce moment), Thomas Huber profite du grand espace offert par la HAB Galerie de Nantes pour réactiver son installation Sonnez les Matines et piocher, dans les réserves du FRAC des Pays-de-la-Loire et du MAMCO de Genève, des œuvres d’autres plasticiens. L’idée est, évidemment, de faire dialoguer ces créateurs avec ses propres réalisations, dans un geste qui peut aussi bien témoigner de ses influences que d’essayer de se positionner aux côtés d’artistes bien établis.

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Vue de l’exposition

L’ensemble de maquettes formant Sonnez les Matines est lui-même issu d’Huberville, tentative de création d’une cité imaginaire avec maisons, immeubles, équipements publics et figurines en céramique. La dimension architecturale évidente de cette proposition pousse le simulacre jusqu’à mettre en place de simili-panneaux de chantiers tracés au dessin vectoriel et placardés sur les murs de la HAB Galerie. Un certain humour émane également de cette reconstitution puisque les maquettes de bâtiments se font démesurées par rapport aux mini-personnages ou que des pastilles « vous êtes ici » ornent les panneaux de chantiers mais apposées sur les façades.

Pour autant, une forme de mégalomanie transpire aussi de cet ensemble (intitulé auto-réflexif d’Huberville, affiches de ses quatre expositions françaises concomitantes collées sur l’une des maquettes) comme si le démiurge avait dépassé le plasticien. Au reste, le Suisse n’hésite pas non plus à se mettre dans les pas de glorieux anciens de l’histoire de l’art avec Stellage, peinture dans laquelle toiles et volumes directement inspirés du modernisme peuplent une structure métallique.

Dans ce contexte, ce sont probablement les échanges avec les pièces piochées dans les collections du FRAC et du MAMCO qui intéressèrent davantage, trouvant des lignes de concordance entre celles-ci et l’installation centrale. Des objets du quotidien domestique étaient ainsi détournés (Ventilator de Gabriel Orozco, I am trying to paint air (after Claude Monet dans lequel Spencer Finch groupe des ampoules pour réaliser les molécules des pigments utilisés par le peintre impressionniste), un symbole villageois magnifié (les cloches en cire de Pascal Convert) et l’invention géographique mise en majesté (Atlas - La Salle des Cartes par laquelle Wim Delvoye crée de fausses contrées et mers). C’est dans cette interaction que résidait assurément l’ « imagination au pouvoir ».

François Bousquet
le 29/03/2017

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