Lola Gonzàlez : Rappelle-toi de la couleur des fraises

 date

du 20/01/2017 au 02/04/2017

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Lola Gonzàlez

 liens

Crédac

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Croisée ici ou là dans des présentations de groupe, Lola Gonzàlez n’avait pas forcément encore attiré notre regard, tout juste avions-nous signalé sa présence dans l’exposition All That Falls du Palais de Tokyo. Il faut dire qu’il est toujours difficile d’appréhender des vidéos dans un contexte collectif, lorsque les films sont projetés à côté de peintures, d’objets ou d’installations. Attentif à la jeune génération, le Crédac ouvre trois de ses salles à la quasi-trentenaire (en même temps qu’il accueille Corentin Canesson dans son espace principal) pour une proposition qui tient à la fois de la monstration et du commissariat.

En effet, au-delà de ses trois films et de la photo qu’elle expose, Lola Gonzàlez a convié trois autres créateurs, chargés de remplir les lieux à ses côtés. Si les grands formats picturaux d’Accolade Accolade ne nous ont pas séduits, les photographies de Pascale Gadon-Gonzàlez et les tentures de Nicolas Rabant font intelligemment écho aux travaux de l’artiste-commissaire. De fait, les lichens saisis par la première nous transportent sur les bords de mer tandis que les voilages du second, tirés le long des grandes baies vitrées, tamisent la lumière extérieure et plongent la pièce dans une atmosphère rose et bleue à la fois aquatique, onirique et un peu fantastique. La vidéo Here We Are, réalisée par Lola Gonzàlez, dialogue alors sans peine avec cette ambiance puisque ses images solarisées pourraient très bien résulter de ce filtre apposé entre l’extérieur et nous.

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Vue de l’exposition (avec extrait de Rappelle-toi de la couleur des fraises)
(courtesy Galerie Marcelle Alix)

Deux courts-métrages complètent la présentation des travaux de la jeune femme, deux vidéos présentant des gens de son âge réalisant des gestes non expliqués (série de petites épreuves pour un couple ramassé sur la grève dans Rappelle-toi de la couleur des fraises, entraînement à l’arme à feu à l’aveugle dans Veridis Quo), sans but véritable, sans paroles échangées, donnant l’impression d’occuper le temps ou de tendre vers un objectif inavoué. Opérant en groupe, dans des maisons surplombant la mer ou située à proximité, ces protagonistes pourraient à la fois tenir de personnages en sursis (leur regard fixe ou leur caractère taiseux évoquent les héros de la série Les Revenants) ou d’activistes préparant quelque chose sans jamais l’évoquer. L’aspect un peu irréaliste de l’ensemble se trouve enfin souligné par le basculement de certaines images de Rappelle-toi de la couleur des fraises qui se voient solarisées quand le film passe en vue subjective, finissant de nous convaincre que sous ses atours de captation d’un réel générationnel, Lola Gonzàlez cherche en vérité quelque chose de moins commun.

François Bousquet
le 20/02/2017

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