Stéphane Duroy : Again And Again

 date

du 06/01/2017 au 16/04/2017

 salle

Le Bal,
Paris

 appréciation
 tags

Le Bal / Stéphane Duroy

 liens

Le Bal

 dans la même rubrique
du 23/05/2017 au 01/07/2017
Ida Tursic & Wilfried Mille : Bianco Bichon, Nero Madonna, e (...)
(Fondation d’entreprise Ricard)
du 21/04/2017 au 25/06/2017
Nina Canell : Dolphin Dandelion
(Crédac)
du 03/02/2017 au 08/05/2017
Emmanuel Saulnier : Black Dancing
(Palais de Tokyo)
du 28/03/2017 au 06/05/2017
Rien ne nous appartient : Offrir
(Fondation d’entreprise Ricard)

Mini-rétrospective présentée au Bal, Again And Again permet de s’arrêter sur trois séries réalisées par Stéphane Dutoy, deux étant exposées au rez-de-chaussée et une troisième au sous-sol. Avec cette formule, on suit le parcours du photographe, d’Europe aux États-Unis, parcours marqué par un regard pas exactement documentaire mais assurément attaché aux personnes et lieux traversés.

JPEG - 78.8 ko
Vue de l’exposition (extraits de la série L’Europe du Silence)

C’est ainsi que, dans la salle supérieure, les bâtiments et édifices emblématiques de l’Europe de l’est (palais stalinien à Varsovie, mur de Berlin saisi avant 1989) sont représentés dans L’Europe du Silence. En face, leur répondent les protagonistes de Distress, gueules cassées et prolétaires britanniques, comme gênés par leurs propres corps, comme extérieurs parfois à ceux-ci, renvoyant au caractère insulaire de leur pays par rapport au continent documenté sur le panneau d’en face. Les scènes de convivialité dans un pub anglais y alternent avec des séquences au travail (douches des mineurs après l’effort) tandis qu’en face, la neige recouvre Douaumont ou Auschwitz. À la volonté d’aller dans des villes marquées par la guerre et les tensions historiques réplique alors la dureté du quotidien, les taches de couleur apparaissant presque fortuitement dans la série Distress ne laissant que plus criard le choix quasi-exclusif du noir et blanc dans L’Europe du Silence. Si l’humain est bien souvent absent de cette série-ci, le travail plastique ne l’est pas, en témoigne la très belle impression de mouvement dans cette photographie de pans du mur de Berlin en train de s’effondrer.

Parti de son propre ouvrage (Unknown, publié en 2007, dans lequel il s’était attaché au cheminement de migrants, allant de Coney Island vers le Montana), Stéphane Duroy le rejoue au Bal, procédant par découpage, assemblage et collage pour constituer trois vitrines emplies de montages. S’y juxtaposent photographies de lieux et de personnes, forme de cartographie de l’Amérique, non pas rêvée mais vécue, avec toutes les désillusions qu’elle peut charrier, laissant tellement d’aspirants sur le bord de la route. Comme souvent au Bal, la scénographie dans cette salle au sous-sol se fait particulièrement pertinente, résonnant très bien avec les travaux exposés. En périphérie, on trouve ainsi un drapeau états-unien collé au mur, des lais de papier peint déchiré ou de grandes inscriptions façon graffiti ou slogan écrit à la main à même le mur, comme si on était projeté au cœur des villes, pendant que l’environnement sonore est fait de captations urbaines réassemblées (comme peuvent l’être les clichés même de Duroy) et que le fonds des vitrines est tapis d’exemplaires du New-York Times, afin d’ancrer le tout dans une réalité factuelle.

François Bousquet
le 03/03/2017

À lire également

du 11/09/2014 au 26/10/2014
S’il y a lieu, je pars
(Le Bal)
du 27/09/2013 au 08/12/2013
Mark Cohen : Dark Knees
(Le Bal)
du 30/05/2013 au 01/09/2013
Ready (To Be) Made : (...)
(Le Bal)
du 14/09/2012 au 09/12/2012
Paul Graham
(Le Bal)