Benoît Pioulard / Fragments

 date du concert

09/03/2017

 salle

Supersonic,
Paris

 tags

Benoit Pioulard / Supersonic

 liens

Benoit Pioulard
Supersonic

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Avec sa programmation un peu fourre-tout, le Supersonic s’inscrit dans la lignée d’autres bars parisiens proposant également des concerts, capables d’offrir des soirées très variées mais aussi de monter des plateaux un peu disparates. C’était un peu le cas ce jeudi soir puisqu’un mini-set folk d’Anthony Boguszewski était chargé d’animer une séquence apéritive, avec sa guitare et ses ballades folk. Plus dérangeant pour ceux restés après l’happy hour, Axel Rigaud livra un set electronica d’une quarantaine de minutes, lançant tous ses éléments en direct, sans recourir à des composants préenregistrés. Sans nécessairement faire preuve d’une grande originalité, le Français, pas forcément très bien placé avec cette position en début de plateau, offrit pour autant un moment intéressant.

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Fragments

Autres nationaux, le trio Fragments prit possession de la scène ensuite, avec un piano, une batterie et plusieurs claviers. Leurs instrumentaux, entre post-rock électronisé (dans leurs meilleurs moments) et quelque chose de presque prog-rock (dans leurs moins bons) furent égrenés avec sincérité et emballement. Malgré des intentions un peu trop marquées et des morceaux qui auraient gagné à durer parfois un peu plus, les Rennais se montrèrent globalement convaincants. À ce titre, le dernier quart d’heure du concert fut pleinement satisfaisant, avec un morceau sans batterie tout d’abord (Sylvain Texier étant au piano) puis un final véritablement post-rock dans lequel Tom Beaudouin et Benjamin Le Baron étaient tous deux aux guitares.

Autour de 22h30, place à Benoit Pioulard, seul à sa guitare électrique. De l’États-unien, un peu comme pour ses disques, nous avions un souvenir contrasté de ses deux précédentes venues parisiennes : au Comptoir Général en 2009, samples et boucles avaient permis de composer un ensemble enveloppant, tandis qu’à la Flèche d’Or en 2011, seules des ballades acoustiques à la guitare étaient proposées, dans un registre très pauvre. Ce soir, ce fut heureusement la première veine qui fut privilégiée, avec la mise en place de boucles superposées venant des pédales et sampleurs puis d’accords grattés provenant de la six-cordes. Un archet fut également utilisé par le musicien pour un résultat composite et plutôt lumineux. Adjoignant sa voix, d’un timbre assez blanc presque murmuré, il alterna ainsi passages chantés, dans lesquels sa guitare était jouée en arpèges, et phases instrumentales.

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Benoît Pioulard

La trentaine de personnes véritablement intéressée par le concert tenta de se concentrer sur celui-ci et de faire abstraction du bruit du bar et des discussions non interrompues qui s’y tenaient. De fait, à la différence d’autres lieux similaires, la scène du Supersonic est au rez-de-chaussée, ouverte, située face au bar et parasitée par ce dernier. Contre la baie vitrée donnant sur la rue, un écran avait été préalablement tendu, servant de support à des projections (soleil, forêt, arbres décharnés, petite végétation, panneaux d’autoroute) réalisées dans un flou et un tremblement artistiques. Parfaitement adaptées à la musique de Benoît Pioulard, ces vidéos étaient donc diffusées latéralement par rapport à l’artiste, le faisceau lumineux le traversant presque et son ombre venant alors se découper sur le drap blanc dans un très bel effet.

François Bousquet
le 12/03/2017

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