Strange Days

 date

du 19/01/2017 au 16/04/2017

 salle

Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris

 appréciation
 tags

David Douard / Gyan Panchal / Le Plateau / FRAC Île-de-France / Pierre-Olivier Arnaud / Xavier Antin

 liens

Le Plateau / FRAC Île-de-France

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À la différence d’autres expositions collectives dans lesquelles le lien entre les œuvres nous paraît souvent forcé, les présentations des dernières acquisitions du FRAC Île-de-France nous ont régulièrement intéressées parce qu’elles trouvaient une vraie concordance et des échos certains entre les pièces. Mais, comme toute entreprise itérative (ce type de monstration revient quasiment tous les hivers, au Plateau), il arrive qu’il y ait des coups de « moins bien » et des occurrences moins pertinentes. Strange Days est malheureusement de ceux-là et, sans être grand clerc, on peut le détecter dès la lecture du texte introductif puisque Xavier Franceschi nous y indique, dans une folle originalité, que les œuvres sélectionnées résonnent avec l’état du monde, aussi bien géopolitique, qu’écologique ou économique.

Partant de là, on s’attend à tout, voire à pas grand-chose, pour, en réalité, se trouver face à des pièces qui n’ont finalement que peu à voir avec ce postulat. On peut toutefois trouver des échos de préoccupations environnementales dans le cube de verre de Francesco Gennari (qui recèle des vers, des araignées et des graines, tentant de s’en extraire par une ouverture laissée par l’artiste sur chaque face), dans le film de Rosalind Nashashibi et Lucy Skaer (où on voit des squelettes de baleine sur une plage), dans la projection de Paul Siestsema (avec des morceaux de bois retrouvés après le passage de Katrina à la Nouvelle-Orléans) ou dans la tente d’affût de Gyan Panchal (recouverte de sciure de bois pour faire camouflage et se fondre dans la forêt). Au bout du parcours, la vidéo de Melvin Moti croise images du 11-septembre, du conflit irakien et vues de Mars, dans une superposition faisant rentrer en collision ces différents témoignages de notre contemporanéité.

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Vue de l’exposition

Pour le reste, on peine à voir un dialogue avec le monde, se trouvant face à des propositions assez ténues (l’installation d’Ian Kiaer, celle de David Douard, les sérigraphies monochromes de Pierre-Olivier Arnaud), sauf à estimer que des textes sur des rubans suspendus pourraient faire office de slogans de manifestations (Another Five Exercices de Zbyněk Baladrán) ou qu’un intérieur design reproduit sur un caisson lumineux pourrait dénoncer cette uniformisation, domestique ou professionnelle (Untitled (Offshore) de Xavier Antin).

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Vue de l’exposition

Au-delà du propos liminaire du commissaire, le journal de l’exposition nous appelle à voir des essais narratifs, ou des invitations à imaginer un récit, dans quelques autres œuvres. Probablement plus facile à tenir comme soutien à l’exposition qu’une résonance avec l’état du monde, cette démarche explicative trouve une concrétisation dans le diptyque photographique de Daniel Gustav Cramer, ces deux petits clichés d’un immeuble au Portugal, avec juste un décadrage et quelques secondes entre eux deux, le temps qu’une personne, à une fenêtre, se déplace (et que notre esprit se mette à mouliner sur les possibilités narratives de cet interstice). Pour sa part, Maurice Blaussyld a disposé plusieurs grandes caisses en différentes essences de bois, destinées à transporter des œuvres mais présentées ici pour justement faire œuvre. Comme la tente d’affût de Panchal, il s’agit alors de mettre en exergue ce qui est d’habitude invisible (parce que l’intérêt se porte sur le contenu davantage que sur le contenant) et de mettre en lumière ce qui cherche d’ordinaire à ne pas l’être (parce que remisé ou camouflé). Tiens, voilà une idée de fil rouge pour une présentation collective !

François Bousquet
le 22/03/2017

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