More Music Festival - Robert Henke : Lumière III

 date du concert

12/04/2017

 salle

Concertgebouw Brugge,
Bruges

 tags

Concertgebouw Brugge / Robert Henke

 liens

Robert Henke
Concertgebouw Brugge

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Agréable surprise que ce festival de quatre jours dont on découvre l’existence alors qu’on se trouve justement dans le coin. Ni une ni deux, cap sur l’impeccable Concertgebouw de Brugge pour deux soirées, en compagnie d’abord de Robert Henke, ensuite d’Alva Noto, pour vivre deux délicieux moments.

Les deux premières déclinaisons de la performance Lumière sont chroniquées dans ces pages ; voici la troisième, bien dans la lignée des précédentes, le travail sur les projections, dont Robert Henke se fait une spécialité, se voyant à chaque fois poussé plus loin. Théoricien autant que performer, véritable sculpteur d’ambiances sonores et visuelles, précurseur sur le plan technique, l’Allemand est assurément un artiste tout à fait majeur de la scène électronique. Il l’a encore prouvé ce soir au fil d’une heure d’une totale immersion dans le son et, surtout, l’image ; un pur créateur, tant quant au medium qu’au message délivré.

Musicalement, on navigue en terrain connu : les nappes apaisées voisinent avec les déflagrations puissantes et sèches, le tout constamment parsemé de craquements, glitchs et cliquetis ; les sonorités sont claires, précises, soignées, chirurgicales. C’est essentiellement l’impressionnante qualité des projections qui nous a ici bluffé : d’une précision diabolique et d’une grande cohérence, elles offrirent de constantes variations, n’entraînant ainsi aucune lassitude. Le dispositif est le même que lors des deux premières versions du spectacle : une scène vide, uniquement occupée par un immense écran, l’artiste officiant au milieu de la salle et priant les spectateurs de ne pas perturber l’espace avec les écrans de leurs smartphones - ce qui fut respecté. Mais le propos nous parut ici encore plus élaboré : les créations lumineuses sont éblouissantes d’élégance et d’imagination, de précision, de variété dans les styles, les formes et les couleurs. On alterne entre figures géométriques foisonnantes et calibrées, et des explosions plus libres et poétiques qui induisent un succulent voyage mental.

L’auditoire, religieusement attentif, est à 100% absorbé dans ce double spectacle qui lui est offert. Les épures voisinent avec les fulgurances explosives, évoquant le climax d’un feu d’artifice digital. Une performance d’une créativité et d’une intensité manifestes, donnant l’impression d’une maîtrise constamment affinée : au travers d’un propos très construit, c’est une véritable histoire faite de tensions et de plénitude qui nous est ici narrée par un orfèvre créatif, qui donne ses lettres de noblesse à l’art électronique total. Une heure de lévitation hors du temps.

Gilles Genicot
le 24/04/2017

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