Présences Électronique 2017 - Méryll Ampe / Leafcutter John

 date du concert

16/04/2017

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Festival Présences Électronique 2017 / INA / GRM / Le 104 / Leafcutter John / Méryll Ampe

 liens

Leafcutter John
INA / GRM
Le 104

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Saluée sur ces pages pour un concert aux Instants Chavirés fin 2015, de plus en plus présente sur scène, Méryll Ampe se trouvait logiquement conviée à Présences Électronique, chargée d’ouvrir la journée du dimanche. Placée derrière la table de mixage, en bordure d’estrade, la jeune femme lâcha des sonorités abrasives avec plusieurs éléments métalliques et un bon jeu sur les variations d’intensité. Frôlant le fracas, sa musique était également parfois parcourue de basses saturées ou, au contraire, rehaussée de petits glitchs. Dans un contexte où on nous rappelle que la Française a suivi une formation de sculptrice et où, donc, l’idée de construction d’une matière sonore est réellement palpable, l’aspect composite de sa musique fonctionna très bien, de même que la spatialisation de sa production.

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Leafcutter John

Chroniqué ici pour des concerts en 2003 et 2004, Leafcutter John y avait donné des prestations décalées, à base de manipulations d’objets divers (voire d’accoutrements) générant des sons. Depuis 2010, il a mis au point un contrôleur, fait de deux plaques de plexiglas enserrant des circuits électriques colorés, qu’il emmène partout avec lui pour donner des performances autant musicales que visuelles. De fait, John Burton actionne cet outil en approchant des sources lumineuses : lampes de poche, boules à facettes éclairée, gyrophare rouge-vert-bleu, diodes… Un peu à la manière d’un e-bow, la musique paraît se refléter sur ces sources lumineuses que le musicien bouge en permanence, pour moduler l’intensité et le volume. Entre light painting et génération sonore un peu aléatoire, l’ensemble est alors un réel ravissement.

L’inventivité de l’Anglais prenait, de surcroît, toute son ampleur dans la salle 400 plongée dans l’obscurité, les lumières colorées qu’il actionnait étant presque les seules à transpercer cette noirceur. Si la majorité du set se déroula sous les auspices d’une electronica bigarrée, l’avant-dernier morceau tira vers l’émotion avec la superposition de nappes particulièrement poignantes, dans un registre ambient là encore parfaitement maîtrisé par celui qui livra assurément le meilleur concert du festival.

François Bousquet
le 22/04/2017

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