Alors, est-ce que c’est là ?

 auteur

Clémentine Baert

 metteur en scène

Clémentine Baert

 date

du 21/04/2017 au 26/04/2017

 salle

Théâtre de Gennevilliers,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Clémentine Baert / Théâtre de Gennevilliers

 liens

Théâtre de Gennevilliers

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Actrice croisée chez Pascal Rambert, c’est logiquement dans le théâtre (encore) dirigé par ce dernier que Clémentine Baert vient montrer sa création, monologue relevant aussi bien de la proposition complète (de fait, elle la met en scène et l’interprète) que d’un travail plus classiquement centré sur le texte. En effet, mise dans la peau d’une femme quittée par son amant, la comédienne fait le choix de relater deux ou trois fragments d’une histoire commune, fragments qui, plutôt que de rester dans une évocation narrative mélancolique et traditionnelle, s’aventurent vers une chronique désenchantée avec des incursions vers l’astro-physique (évocations récurrentes des trous noirs).

Il n’est alors pas toujours évident de suivre Clémentine Baert dans ses digressions qui, partant, remettent même en cause le postulat de départ : l’homme dont il s’agit est-il vraiment son ancien amant qui l’a éconduite pour disparaître dans la nature, ou bien ne pourrait-ce pas être son père qui l’aurait abandonnée ? Les épisodes relatés (une histoire autour du caveau familial au Père-Lachaise, une séquence dans un hall d’aéroport) n’aident pas véritablement à sécuriser notre point de vue à ce sujet, nous emmenant alors à constater que, nonobstant cette forme de récit un peu décousue, la jeune femme opère une métamorphose progressive. Celle-ci ne se réalise pas tant en terme de langage ou de travail sur soi (même si un peu de chant est incorporé), mais plutôt en matière de posture, de tenue (la tunique noire voit ses manches être enlevées) et d’occupation de l’espace du plateau dont elle prend possession peu à peu.

Pour l’accompagner dans cette démarche, on saluera également un beau travail de Philippe Gladieux aux lumières, qui passent d’un blanc « lumière du jour » à un blanc plus clinique, conférant à Clémentine Baert un teint quasi-cadavérique. Sur le plan musical, Alexandre Meyer offre des basses bien sourdes (qui font trembler les parties métalliques de la cage de scène) ou bien des petites triturations électroniques, comme autant de réminiscences de cette forme un peu mutante à laquelle on se trouve confronté, sorte de matérialisation de la psyché du personnage.

François Bousquet
le 30/04/2017

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