Emmanuel Saulnier : Black Dancing

 date

du 03/02/2017 au 08/05/2017

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 appréciation
 tags

Emmanuel Saulnier / Palais de Tokyo

 liens

Palais de Tokyo

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Au sein d’une session d’expositions du Palais de Tokyo qui fait la part belle au rapport corps-objet et aux performances, mais dont il ne reste globalement que des traces une fois la performance passée (la semaine, largement commentée, passée par Abraham Poincheval dans une grosse pierre, les propositions de Taro Izumi et Mel O’Callaghan), le travail d’Emmanuel Saulnier nous a semblé être le plus convaincant. Resserré autour de deux salles et d’une intervention dans une zone de circulation, Black Dancing fait le choix d’un jeu sur les contrastes, aussi bien dans la colorimétrie que dans les matériaux convoqués.

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Keys
(courtesy de l’artiste)

Placée à l’extérieur de l’exposition, la sculpture Keys mêle ainsi verre et eau, dans un agencement tenant aussi bien de la légèreté un peu évanescente (transparence, rondeur des cylindres) que de la massivité (volume de l’ensemble, agrafes de verre unissant les tubes et formant un grand tout). Sur un sol de macadam écaillé en grosses plaques, le public est invité à cheminer dans la première salle tandis qu’au mur, se découpent les silhouettes de suspensions constituées, en réalité, de paniers de pêcheur récupérés. Enfin, dans le grand espace final, de nombreuses branches de bois calcinés (en vérité, les branches sont teintes à l’encre) sont jetées au sol ou accrochées au mur, dans des gestes que le Français relie à l’interprétation de Round Midnight de Thelenious Monk.

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Round Midnight
(courtesy de l’artiste)

Si la présence du bois brûlé peut apparaître comme une énième déclinaison de ce topos de l’art contemporain, sa mise en espace très libre (très « free », pourrait-on même oser) par Emmanuel Saulnier lui confère une dimension nouvelle, aux confins du geste scriptural. Au surplus, la noirceur de ces branches contraste donc avec la blancheur des murs et l’apport de lumière extérieure et naturelle, pendant que la salle précédente combine, pour sa part, transparence (du verre, des paniers ajourés) et obscurité (du macadam ou de la faible lumière artificielle). Enfin, alors que l’artiste s’est abreuvé à des sources musicales, le parcours est silencieux et incite même à une forme d’ascèse. À la fois joliment poétique et rudimentaire, cette exposition fait, par conséquent, office de belle respiration parmi une session plus tapageuse et démonstrative.

François Bousquet
le 03/05/2017

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