Troum & Raison d’Être

De Aeris In Sublunaria Influxu

(Essence Music / Import)

 date de sortie

10/08/2015

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Industriel

 appréciation

 tags

Ambient / Drone / Essence Music / Industriel / Raison d’être / Troum

 liens

Troum
Essence Music
Raison d’être

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La réunion de ces deux projets, chacun reconnus dans leur domaine, ne laisse aucun doute quant à la musique que l’on va trouver sur cet album. Troum d’abord, duo allemand actif depuis plus de 20 ans, est bien connu des fans de la scène industrielle, déclinée avec l’âge dans un style dark ambient, tendance drone. Raison d’être ensuite, est un projet porté depuis 25 ans par le Suédois Peter Andersson et publié pendant 10 ans sur le bien connu label Cold Meat Industries. Nous n’avons jamais parlé de ce projet mais il oeuvre donc dans un registre similaire, une ambient crépusculaire. On découvre par la même le label brésilien Essence Music que les artistes publiés suffisent à décrire : Nadja, Aidan Baker, Merzbow, Muslimgauze, Acid Mothers Temple, Rapoon...

Tout commence avec une courte mais belle intro (Folia) composée de nappes ambient claires, aériennes, doucement mélodiques, avec quelques bruitages en arrière plan qui contribuent à une certaine profondeur. On passe aux choses sérieuses avec Alio Tempore qui dépasse les 10mn comme c’est le cas pour 4 morceaux de l’album. Le format pourra paraître assez classique avec une longue montée de nappes qui semblent être un croisement d’électronique et de chœurs. On gagne progressivement en puissance, le son devient métallique comme si ce mur sonore était produit par des guitares électriques.
Cette lente et progressive tension, on la retrouve à plusieurs reprises, parfois même avec le même type de sonorité. C’est le cas notamment sur les 18mn de Meditationum, ponctué de croassements de basses tandis que les nappes arrivent par vagues régulières. Le caudal Ad Infinitum enfin qui démarre avec un son très métallique, plein de souffle, mais qui finit par intégrer ce même type de vocalises alors que le final se fait sur des notes de sirènes et cloches qui sonnent le glas.

Les autres titres ne sont jamais très loin du style décrit ci-dessus, conférant à l’album une unité assez attendue. Mais on aura une petite préférence pour ces derniers, à commencer par Oculum Mundi qui se fait hypnotique avec ses coups métalliques et accords de guitare qui se répondent imperturbablement avant de plonger dans une ambient plus sombre et industrielles à base de drones et frétillements de cordes métalliques.
Plus apaisé, le bien nommé Atmosphaera permet de détendre un peu l’atmosphère et on terminera par le court mais très beau Flammae avec ses nappes mélancoliques et ses frottements/chuintement métallisés au second plan.

On aurait pu craindre un album très sombre, mais la composante "dark" du duo passe finalement au second plan. Sans être une partie de rigolade, De Aeris In Sublunaria Influxu s’avère être un très bel album ambient, lorgnant parfois vers le drone.

Fabrice ALLARD
le 28/05/2017

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