Ida Tursic & Wilfried Mille : Bianco Bichon, Nero Madonna, e altre distruzioni liriche

 date

du 23/05/2017 au 01/07/2017

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Fondation d’entreprise Ricard / Ida Tursic et Wilfried Mille

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Un titre d’exposition à rallonge allant piocher un peu partout, de très grands formats permettant des expressions étendues, un propos d’Andrea Villani, commissaire de cette présentation, qui évoque « une potentialité aussi cacophonique que joyeuse » : tout était réuni pour qu’Ida Tursic & Wilfried Mille mettent à profit l’espace de la Fondation d’entreprise Ricard. Au surplus, il s’agissait là d’un compagnonnage assez ancien puisque les deux artistes avaient été lauréats du Prix de la Fondation en 2009. À l’époque, ces pages s’en souviennent, ils l’avaient emporté grâce à un travail sur l’image, réalisant l’alliance d’une photo extraite d’un magazine et du texte situé à son verso.

Cette fois-ci, le travail n’est pas nécessairement aussi combinatoire, s’égarant plutôt dans d’énièmes variations sur des thèmes trop parcourus par d’autres plasticiens. C’est ainsi qu’on trouve quelques tableaux figuratifs jouant sur le kitsch (Double Poodle et Bianco Bichon, centrés sur la figure du bichon, Garçon de vache et peintre à l’occasion avec un cow-boy le sexe à l’air), une confrontation sacré/trivial bien commune (Madonna Tempi dans lequel une Madone à l’enfant est peinte à l’aide de feuilles d’or sur des planches de chantier), une nouvelle déconstruction du mythe états-unien (Framed Landscape et son panneau « Hollywood » en ruines) ou bien des agglomérats de taches et couleurs comme autant d’esquisses mais qui, démultipliés sur le même mur, finissent par virer au système et se faire contre-productifs (The Windmill, LA County Museum on Fire, Everything Will Be Okay et ABS014).

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Vue de l’exposition

Au sein de cette monographie, on préfèrera donc nettement la sobriété de Partitur Matthäus Passions Bach P25, toile uniquement parcourue de lignes de partition musicale, jouant sur la répétition mais aussi sur la saturation (peu d’espace laissé vide) et l’effacement (les portées s’évanouissent comme la mémoire du musicien allemand). De même, l’effet de matière du gigantesque Le Grand Incendie (six mètres de long !) marque par sa capacité à associer geste furtif, couleurs chaudes et trace délibérément appuyée pour laisser un relief de la peinture.

François Bousquet
le 18/06/2017

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