Emmanuel Mieville

Ethers

(Baskaru / COD&S Distribution)

 date de sortie

21/09/2015

 genre

Electronique

 style

Drone / Expérimental / Field Recordings

 appréciation

 tags

Baskaru / Drone / Emmanuel Mieville / Expérimental / Field Recordings

 liens

Baskaru
Emmanuel Mieville

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Emmanuel Mieville est un artiste que l’on associait avant tout à la musique concrète et aux field recordings alors qu’on le découvrait avec l’album Four Wanderings in Tropical Lands déjà publié chez Baskaru. 4 ans plus tard et 2 albums publiés chez Observatoire et Crónica, le voici de retour sur le label français avec une belle surprise puisque le Français aborde et revisite un tout autre genre musical : le drone.

Dès la pochette, on se dit qu’il y a un truc pas très clair avec ce disque. Intitulé Ethers et faisant donc plutôt référence à la voûte céleste, aux ambiances douces et apaisées, sa pochette fait place à une sorte de gros bloc rocheux, sombre et rugueux. C’est là tout l’objet de ce disque, la volonté d’Emmanuel Mieville de ramener le drone, souvent associé à des ambiances aériennes, à une musique plus proche de nous, de notre quotidien et cela passe notamment par l’intégration de bruitages et field recordings. Si l’on suit la progression de l’artiste, et c’est ainsi que l’on abordera ce disque dans un premier temps, on peut aussi se dire que le Français s’éloigne de ses premières amours pour s’intéresser au drone.
S’il s’intitule Fertile Drone le titre d’ouverture, dans la lignée de la couverture, nous interroge avec une longue première partie très aride, faite de ronronnements électriques, de bruitages granuleux, de textures bruitistes, de souffles puissants qui entraînent une sorte de pluie métallique. Et puis assez rapidement un superbe drone habille l’arrière plan tout en prenant une place importante : il donne le ton et tend à calmer un peu l’ensemble. Le mélange des deux fonctionne en tout cas à merveille.

Si ce premier titre dure une petite dizaine de minutes, les 3 autres pistes approchent des 15mns tout en reprenant plus ou moins le même procédé. Les field recordings de Sur le Pont ont certainement été captés sur un bateau, un ferry peut-être puisque l’on semble y croiser des bruits de pas sur un sol humide, des voitures, des chocs réguliers, des voix, et très vite un drone nasillard, sur plusieurs niveaux, proche d’un violon. Le travail d’Emmanuel Mieville est ici plus complexe, moins prévisible, et joue comme sur Watt Station sur une alternance et des croisements entre bruitages et drones changeants, habilement doublé par exemple du bruit d’une perceuse électrique. Sur Watt Station, c’est surtout le contraste entre les enregistrements de souffles bruitistes et de nappes douces et apaisées qui retient notre attention.

Bien que construit avec les mêmes éléments (bruitages, field recordings et drones), Island Ferrysm nous apparaît plus doux, peut-être parce qu’il est moins soumis aux cassures. Les enchaînements sont fluides, les bruitages sont souvent accompagnés de souffles et les drones semblent tour à tour se laisser la place. Une conclusion en douceur donc, d’un bel et surprenant album.

Fabrice ALLARD
le 10/07/2017

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